Vaginoplastie : tout savoir sur cette opération du vagin

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femme sous vetement

Rajeunir son vagin ! Si l’expression peut surprendre, la pratique est de plus en plus demandée. Mais la vaginoplastie désigne également la chirurgie de réattribution du sexe. On vous en dit plus.

Définition : qu’est-ce qu’une vaginoplastie ?

La vaginoplastie ou « lifting du vagin » est une opération de chirurgie esthétique destinée à rétrécir l’orifice vaginal et à renforcer les muscles du périnée.

Cette technique de resserrement chirurgical du vagin est à distinguer de la nymphoplastie (ou labiaplastie). Cette autre opération de chirurgie intime vise, elle, à rétrécir les petites lèvres de la vulve, et a un objectif essentiellement esthétique.

La vaginoplastie peut également désigner l’intervention chirurgicale ayant pour but de construire un vagin et un clitoris à partir des organes sexuels masculins. Une opération qui fait partie de la chirurgie de réattribution sexuelle, de réassignation sexuelle ou encore d’affirmation de genre.

Pourquoi réalise-t-on une opération du vagin ?

Les raisons du recours à la vaginoplastie sont plurielles.

Incontinence urinaire ou descente d’organes

Elle est utilisée pour éviter les problèmes d’incontinence urinaire ou la descente d’organes (prolapsus). Avec l’âge (ménopause) ou suite à des grossesses et accouchements par voie basse répétés, le vagin peut se trouver trop élargi et le périnée (ensemble musculaire qui soutient notamment les organes génitaux) affaibli. Ce relâchement vaginal favorise ce type de soucis que sont les fuites urinaires ou le prolapsus.

Retrouver du plaisir et des sensations lors des rapports sexuels

Un orifice génital trop large peut aussi entraîner un manque de sensations lors des relations sexuelles. Le rétrécir permet à la femme de mieux sentir le sexe de son partenaire.

Un changement de sexe (aïdoïopoïèse)

La vaginoplastie désigne également une intervention chirurgicale de réattribution du sexe chez la femme. Le terme scientifique exact est l’aïdoïopoïèse, du grec « aïdoïs » qui signifie « vulve » et « poïesis » qui signifie « construire ». Il s’agit de l’intervention qui, chez des patientes transidentitaires, dans le cadre d’une dysphorie (ou incongruence) de genre, consiste à « transformer les organes génitaux masculins en leur donnant la forme et l’apparence d’organes génitaux féminins », explique un article de la Société Française de chirurgie plastique et reconstructrice et esthétique (SOF.CPRE) (source 1).

Comment se passe cette chirurgie vaginale ? Quels résultats ?

Comment se passe un lifting vaginal ?

L’intervention chirurgicale du vagin se déroule le plus souvent sous anesthésie générale et dure généralement une heure. Le chirurgien pratique une incision à l’entrée du vagin, permettant la dissection des muscles du périnée. Un lipomodelage (réinjection de graisse) finit de remodeler la paroi vaginale.

Les risques sont similaires à ceux de toute opération chirurgicale : ceux liés à l’anesthésie (en particulier, en cas d’anesthésie générale), les infections, et les risques spécifiques selon les antécédents médicaux de chaque patient. Cela doit être bien entendu discuté au cas par cas avec le chirurgien en amont de l’opération.

Pour atténuer les douleurs immédiates postopératoires, de simples antalgiques sont prescrits. Une petite nuit en clinique est recommandée. Ensuite, il faut compter dix jours de cicatrisation, deux semaines sans tampon, un mois sans activités physiques… et sans sexe. Patience aussi pour les résultats sur la vie sexuelle : ils s’apprécient au-delà du troisième mois après l’intervention. Cela fait son petit pesant d’inconvénients tout de même, surtout pour les deux dernières raisons.

Comment se passe une opération de chirurgie transgenre ?

Cette chirurgie consiste à enlever les deux testicules et le squelette de la verge (corps caverneux) et à créer une vulve aussi proche que possible de la normale. Elle est irréversible.

L’intervention, qui est réalisée sous anesthésie générale, dure de deux à quatre heures. Elle est réalisée par une petite incision médiane du périnée, en avant de l’anus. L’hospitalisation dure 7 à 10 jours et le temps de convalescence 6 à 8 semaines.

Pendant l’intervention, les principaux risques sont une plaie du rectum (rare, 1 cas sur 100 environ), une plaie de l’urètre (encore plus rare), une compression jambière localisée exagérément prolongée (risque exceptionnel). Il est rare qu’il n’y ait pas de complications postopératoires (saignements, hématomes, œdèmes, douleurs, désunions cutanées, nécroses…). « L’essentiel est de savoir les reconnaître et les prendre en charge, d’où l’importance de vous confier à une équipe expérimentée », note le document du SOF.CPRE.

Les suites opératoires sont généralement assez lourdes (port d’une sonde urinaire à la sortie de l’hôpital, d’une prothèse dans le néovagin pendant plusieurs mois pour en maintenir la largeur et la longueur…). La vaginoplastie requiert également des soins postopératoires rigoureux, comme les exercices de dilatations. Il faut attendre plusieurs mois avant de reprendre les rapports sexuels.

Les résultats sont le plus souvent satisfaisants : les organes génitaux féminins ont un aspect très proche de la normale et permettent d’avoir des sensations lors des rapports. Des retouches chirurgicales sont parfois indiquées, mais il s’agit de gestes mineurs qui doivent être réalisés au minimum 6 mois après l’intervention.

Vaginoplastie : quel prix et prise en charge ?

Concernant le lifting vaginal : il faut compter de 5 000 à 6 000 euros. Il est possible de bénéficier d’une prise en charge partielle dans certains cas (relâchement des muscles du périnée consécutif dû à plusieurs grossesses).

Concernant la chirurgie de réattribution de genre : les prix varient mais l’opération reste onéreuse. La vaginoplastie est remboursée en grande partie par la Sécurité Sociale. Mais la Caisse nationale d’Assurance maladie exige des équipes une d’évaluation de minimum deux ans avant d’accorder une prise en charge financière complète de la chirurgie, rapporte le SOF.CPRE.

Où trouver un praticien ?

Concernant le lifting vaginal : vous pouvez consulter le site du GRIRG (Groupe de Recherche et Innovation en Restaurations Génitales). Si possible, il est recommandé de discuter avec les anciennes patientes : si le docteur travaille bien, les retours seront très positifs.

Concernant la chirurgie de réattribution de genre : en raison de son caractère définitif et irréversible, de sa difficulté et de ses risques, cette chirurgie ne peut être pratiquée que par des équipes spécialisées et expérimentées. Vous pouvez trouver un chirurgien sur le site de la SOF.CPRE. 

Que faire pour éviter un lifting vaginal ?

Vous hésitez à faire un lifting vaginal ? Il existe plusieurs alternatives naturelles pour tonifier les muscles de son vagin, qui n’obligent pas à passer par la case opération (hors cadre de chirurgie de changement de sexe) :

  • Muscler son périnée. Pensez yoga, tantrisme, massage yoni ! Vous y trouverez autant de techniques pour renforcer la tonicité vaginale et les muscles du périnée, le tout sans vous ruiner ;
  • Lutter contre cette obsession des normes de beauté (vaginale). Allez voir le Great Wall of Vagina, une sculpture réalisée à partir de moulages en plâtre de 400 vulves, qui vise à changer l’image du corps féminin à travers l’art.



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