Un virus de 48 500 ans piégé dans le pergélisol aurait « ressuscité »

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Ressusciter des virus vieux de milliers d’années alors que l’on sort à peine d’une pandémie, voilà qui peut sembler bien imprudent. C’est pourtant ce que font plusieurs équipes de recherche de par le monde. Le but : étudier les futures menaces qui découleront du dégel annoncé du pergélisol (permafrost en anglais), ce sol perpétuellement gelé qui s’étend au Nord de la Sibérie et du Canada. Dans l’espoir de mieux s’y préparer.

Dans une nouvelle étude, publiée dans la revue de prépublication BioRxiv (Source 1), des chercheurs français rapportent ainsi avoir « ressuscité » un virus vieux de 48 500 ans, ce qui constituerait un record. 

En tout, l’équipe de l’Université d’Aix-Marseille a dégelé 13 virus, grâce à sept échantillons différents, en l’occurrence issus de selles de mammouth congelées, de laine de mammouth et de l’estomac d’un loup. Notons que tous ces virus se sont avérés capables d’infecter des cellules, c’est pourquoi on parle de virus “ressuscités”. Ce terme est toutefois un peu inadapté pour parler de virus, étant donné que leur place dans le règne du vivant est contestée.

Le plus jeune de ces 13 virus aurait été conservé dans le pergélisol pendant 27 000 ans, tandis que le plus vieux aurait donc 48 500 ans. Lors de précédents travaux, la même équipe de recherche avait réussi à ressusciter des virus âgés de 30 000 ans, ce qui était déjà exceptionnel.

Notons que si le dégel du pergélisol constitue bien une menace à long terme pour l’espèce humaine, les virus étudiés ici infectent uniquement des organismes unicellulaires appelées amibes (du genre Acanthamoeba). Il n’y aurait donc rien à craindre de leur part dans l’immédiat.

Concernant les autres pathogènes piégés dans le pergélisol, “heureusement, on peut raisonnablement espérer qu’une épidémie causée par une bactérie préhistorique pathogène ressuscitée pourra rapidement être contrôlée par les antibiotiques modernes dont on dispose”, rassurent les chercheurs. A une nuance près, puisque le pergélisol semble étonnamment abonder de bactéries porteuses de gènes de résistance aux antibiotiques, selon les dires des mêmes scientifiques. 

Pour les virus, les scientifiques semblent encore plus inquiets, étant donné qu’il n’existe pas d’antiviral “à large spectre d’action” comme les antibiotiques contre les bactéries. La résurgence d’un ancien virus nécessitera donc d’urgence “le développement de réponses médicales très spécifiques, comme de nouveaux antiviraux ou vaccins”.



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