Tout savoir sur les décontractants musculaires

par



istock 1339879536 0

Décontractant musculaire ou myorelaxant : qu’est-ce que c’est ?

Les décontracturants musculaires, d’appellation scientifique myorelaxants, mais plus connus sous le nom de décontractants musculaires, sont des médicaments qui agissent chimiquement sur la décontraction musculaire.

Dr Jean-Christophe Miniot médecin du sport : Ils interviennent au niveau des synapses des neurones du muscles, en agissant sur le GABA (acide gamma aminobutyrique). Ce neurotransmetteur fonctionne en inhibant l’influx nerveux, ce qui entraîne un relâchement musculaire, et donc une diminution de la tonicité musculaire de base.

Les décontractants musculaires ont donc pour fonction de réduire les douleurs liées à des contractures musculaires.

Souvent prescrits en rhumatologie et en médecine du sport, les 4 types de décontracturants les plus souvent proposés sont : 

  • La thiocolchicoside : commercialisé sous le nom de Miorel®, c’est un dérivé semi-synthétique de la colchicine, utilisé en traitement de la goutte,
  • Le méthocarbamol, prescrit sous le nom commercial de Lumirelax® et particulièrement indiqué pour les lombalgies aiguës,
  • Les benzodiazépines : Très utilisé dans le cadre de lésions ou de pathologies de type lumbago ou sciatique. Il en existe un grand nombre, et leur nom se termine toujours par « zépam. On trouve notamment le Diazépam (Valium®), l’oxazépam (Serax®), ou le lorazepam (Ativan®). « Ils appartiennent au groupe des sédatifs et des anxiolytiques, mais sont à visée miorelaxante » précise le Dr Minio
  • L’atépadène : formulé à base d’ATP, qui intervient dans le métabolisme des muscles. « Pour moi, l’efficacité de ce médicament tient davantage de la croyance que de la science » tempère le médecin.

Contracture, courbature, sciatique, lombalgie : quelles sont leurs indications ?

Tout d’abord, il convient de préciser qu’en cas de myalgie, donc de douleur musculaire, il est essentiel d’en connaître la cause et l’origine avant d’essayer de la traiter ! La douleur musculaire peut être le symptôme d’une pathologie sérieuse, qu’il est indispensable de traiter en premier lieu.
D’une manière générale, les myorelaxants sont indiqués en cas de : 

Lésions musculaires extrinsèques, à savoir consécutive à un choc reçu, causée par un tiers. Ces lésions représentent 10% seulement des lésions musculaires.
Lésions musculaires intrinsèques. C’est le muscle quiest responsable de sa lésion, par traction excessive, en général de manière excentrique. Elles sont largement majoritaires puisqu’elles représentent 90% des lésions musculaires.
DOMS ou Delayed Onset Muscle Soreness : « Il s’agit ici d’une courbature nettement plus importante et douloureuse qu’une courbature normale, et qui apparaît généralement 12 à 48h après l’exercice physique » explique le Dr Miniot.
Lombalgies, sciatiques, douleurs cervico-brachiales, pour lesquelles les myorelaxants sont classiquement associés à des antidouleurs et des anti-inflammatoires.
 

Roll-on, patch, baume, pommade, médicaments : Quel est le meilleur décontractant musculaire sans ordonnance ?

Outre les myorelaxants prescrits par les médecins par voie orale, il existe également un grand nombre de produits d’applications locale vendus sans ordonnance en pharmacie, aux vertus relaxantes pour les muscles. Roll-on, huile essentielle de menthe poivrée, patch chauffants, baume au camphre, sprays ou crèmes effet froid, gels de massage et autres pommades au menthol ou aux plantes, sont tout autant de décontractants musculaires naturels qui peuvent être appliqués sur les muscles douloureux pour leurs propriétés apaisantes.

Dr Miniot : Aucun de ces produits n’a malheureusement fait preuve d’une réelle efficacité, et leur effet est généralement une illusion provoquée par l’effet froid ou chaud, ou le massage associé des zones douloureuses.

Quels sont les effets secondaires et indésirables aux décontractants musculaires ?

Les décontracturants musculaires vendus sur ordonnance ont un certain nombre d’effets secondaires indésirables.
Les plus fréquents sont les troubles digestifs de type diarrhées, vomissements, crampes et douleurs intestinales. Les benzodiazépines sont susceptibles de provoquer somnolence, confusion, faiblesse musculaire, constipation et problèmes d’élocution.
Le Miorel et le Lumirelax, peuvent, dans de rare cas, provoquer des manifestations cutanées de type éruptions, rougeurs, vésicules ou démangeaisons. 

Peut-on prendre un anti-inflammatoire et un décontractant musculaire ?

En l’absence de contre-indication, la prise d’un anti-inflammatoire en association avec un décontractant musculaire est recommandée pour soulager les douleurs de types lumbago, sciatiques ou névralgies cervico-brachiales.
« Dans les cas des pathologies musculaires intrinsèques, on déconseille la prise d’anti-inflammatoire pendant les 6 à 8 premiers jours car ils empêchent l’agrégation des plaquettes et le nettoyage de la lésion par des globules blancs appelés macrophages » explique le médecin du sport. En revanche, il est important de les prendre après le 8è jour pour éviter les cicatrisations fibreuses. 

Lorsque les douleurs musculaires sont supportables, il est toujours préférable de les laisser régresser spontanément en mettant le muscle au repos et en optant pour des solutions naturelles. C’est notamment le cas pour les courbatures après des séances de sport intense, ou pour les petites contractures musculaires.
« Il existe plusieurs façons de détendre les muscles pour soulager les douleurs : se mettre au repos relatif, boire beaucoup d’eau, pratiquer des étirement légers, se faire masser, appliquer du froid ou du chaud en fonction des cas » énumère le médecin du sport.

Le froid est utile pour diminuer la douleur et l’inflammation, quand la chaleur permet la diminution des raideurs et tensions musculaires.

« On entend beaucoup parler du CBD en ce moment pour aider à détendre les tensions musculaires, mais aucune étude scientifique n’a confirmé cet effet » relativise le Dr Miniot.



Source link

Related Posts

Laisser un Commentaire