Tiques : la maladie de Lyme a déjà touché plus de 14 % de la population mondiale

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Les vagues récurrentes de chaleur et les étés de plus en plus secs et longs font le bonheur des tiques, de petits acariens capables de transmettre de nombreuses maladies. Au cours des douze dernières années, la prévalence des maladies transmises par ces parasites aurait doublé. Et c’est l’Europe, qui présente le taux d’infection le plus élevé avec 20 % de personnes infectées par des tiques, d’après une méta-analyse publiée mardi 14 juin dans la revue BMJ Global Health (source 1).

La maladie la plus courante, et aussi la plus crainte ? La borréliose de Lyme (ou maladie de Lyme) : une maladie infectieuse due à la bactérie Borrelia burgdorferi, transmise à l’être humain, uniquement par les tiques infectées. Pour mesurer à quel point elle est répandue dans le monde, les chercheurs ont identifié 137 études éligibles – sur 4 196 disponibles – et ont regroupé les données de 89 d’entre elles.

Il s’agit de l’examen systématique le plus complet et le plus à jour de la séroprévalence (nombre de personnes présentant des anticorps spécifiques, NDLR) de Bb à l’échelle mondiale, stipule l’étude.

Quelles sont les régions les plus touchées ?

Chez 14,5 % des quelque 160 000 participants au total, des anticorps dirigés contre la bactérie Borrelia burgdorferi (Bb) ont été trouvés dans le sang. Les régions où la séroprévalence signalée est la plus élevée sont :

  • l’Europe centrale (21 %),
  • l’Asie de l’Est (16 %)
  • et l’Europe de l’Ouest (13,5 %).

À l’inverse, les régions où la séroprévalence signalée est la plus faible sont : 

  • les Caraïbes (2 %),
  • l’Asie du Sud (3 %)
  • et l’Océanie (près de 5,5 %).

Ces données pourraient toutefois être faussées dans les régions où la maladie de Lyme est endémique, car les autorités de santé y sont davantage susceptibles d’effectuer régulièrement des tests d’anticorps par rapport aux régions où elle est moins courante, précisent les chercheurs. 

Comment expliquer ce phénomène ?

Comme indiqué en début d’article, cette augmentation s’explique par des étés plus longs et plus secs, en raison du changement climatique. Mais aussi par la migration d’animaux, et des « contacts de plus en plus fréquents avec les animaux de compagnie« , indique l’étude.

« L’évolution est très favorable lorsque la maladie est diagnostiquée et traitée précocement »

Si elle a de quoi effrayer, cette maladie s’avère toutefois rarement mortelle. Les personnes mordues par une tique infectée présentent la plupart du temps une éruption cutanée et souffrent de symptômes pseudo-grippaux, notamment des douleurs musculaires et articulaires, des maux de tête, des nausées et des vomissements. Un érythème migrant (plaque rouge et arrondie qui s’étend en cercle autour de la zone piquée) peut aussi apparaître dans les trente jours après la morsure, et disparaître en quelques semaines à quelques mois.

Si elle n’est pas traitée, elle peut en revanche devenir handicapante : « au bout de plusieurs mois ou années, en l’absence de traitement, des atteintes graves des nerfs, articulations, du cœur et de la peau peuvent s’installer », alerte le ministère de la Santé et de la Prévention (source 2). Et de rassurer toutefois : 

L’évolution est très favorable lorsque la maladie est diagnostiquée et traitée précocement. Un traitement antibiotique de deux semaines est recommandé. En l’absence de traitement, des troubles articulaires, neurologiques ou cutanés peuvent survenir. 

Pour rappel : la maladie n’est pas contagieuse : elle ne se transmet pas par contact avec un animal infecté, ou par contact avec une personne malade, mais bien par morsure directe de tique infectée (toutes les tiques ne sont pas porteuses de la bactérie Borrelia burgdorferi). Selon la méta-analyse, les agriculteurs et autres travailleurs qui interagissent régulièrement avec des animaux hôtes (comme les chiens et les moutons) sont les plus à risque d’être piqués.



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