Steaks, lardons ou saucisses… les « viandes » végétales vont bientôt disparaître de nos rayons

par



fin de la viande vegetale

Les produits à base de protéines végétales ne pourront bientôt plus être appelés « steaks », « lardons », « bacon », « nuggets », ou encore « saucisses », selon un décret paru au Journal Officiel le 30 juin dernier. 

« Il ne sera pas possible d’utiliser la terminologie propre aux secteurs traditionnellement associés à la viande et au poisson pour désigner des produits n’appartenant pas au règne animal« , indique clairement le texte, qui entrera en vigueur le 1er octobre 2022. Toutefois, la commercialisation des « denrées fabriquées ou étiquetées » comme tel avant le 1er octobre, restera autorisée jusqu’au 31 décembre 2023 (source 1).

Préserver le besoin de transparence

Steak végétal, lardons végétaux, bacon vegan… Pour les professionnels du secteur de la viande animale, ces appellations étaient assimilées à de la tromperie commerciale. Aussi, le décret attendu « depuis plusieurs années » constitue « une étape essentielle en faveur de la transparence de l’information au consommateur ainsi que de la préservation de nos produits et savoir-faire« , a salué Jean-François Guihard, président d’Interbev, l’association interprofessionnelle du bétail et des viandes.

Dans un communiqué, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, se félicite elle aussi de cette « mesure essentielle », mais l’estime « insuffisante ». « Si le décret s’applique aux produits fabriqués et commercialisés sur le territoire français, ce n’est pas le cas pour ceux importés depuis l’Union européenne« , souligne-t-elle. Le texte stipule en effet que les produits « légalement fabriqués ou commercialisés dans un autre État membre de l’Union européenne, ou en Turquie, ou légalement fabriqués dans un autre État partie à l’accord sur l’Espace économique européen, ne sont pas soumis aux exigences du présent décret ». 

La FNSEA demande donc au gouvernement de « porter le dossier à Bruxelles afin d’élargir le périmètre d’application à tous les produits, quelle que soit leur origine géographique ». En effet, au sein de l’Union européenne, la dénomination des produits végétaux par des termes traditionnellement réservés à la viande animale est toujours autorisée, à l’exception des produits conçus à base de lait animal. Par exemple, il n’est pas possible d’utiliser l’appellation « yaourt » ou « fromage » pour désigner un simili végétal.

« Une position conservatrice, à contre-courant des enjeux actuels »

L’Observatoire national de l’alimentation végétale (Onav), lui, regrette que le décret s’inscrive « dans une logique de protection étendue des intérêts économiques de la filière viande« . Il dénonce la victoire des lobbies de l’agro-industrie.

De son point de vue, cette interdiction constitue une entrave majeure au « développement de la filière végétale en France ainsi que la transition vers des alimentations plus saines et durables à plus forte composante végétale ». Et de conclure : « Ce décret place la France dans une position conservatrice, à contre-courant des enjeux actuels et de la politique européenne sur ces questions ». 

Même son de cloche du côté du Parti animaliste, qui considère que le gouvernement « refuse d’accompagner la transition vers l’alimentation végétale malgré les impératifs éthiques, climatiques et sanitaires ». 





Source link

Related Posts

Laisser un Commentaire