Somnolence diurne : définition, causes et solutions

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Définition : c’est quoi la somnolence diurne ?

La somnolence diurne correspond à des envies irrésistibles de dormir et à des épisodes d’endormissementau cours de la journée.

La somnolence est un phénomène normal lorsqu’elle survient le soir au moment de se coucher, après un repas (postprandial) ou en cas de manque de sommeil occasionnel (par exemple, le lendemain d’une nuit blanche festive). « Mais la somnolence est pathologique lorsqu’elle est quasi quotidienne et qu’elle survient dans des circonstances indésirables (en réunion de travail, au volant…). Nous parlons alors de somnolences diurnes chroniques. C’est une des principales causes des accidents mortels sur la route », selon le Dr Julien Favier, médecin somnologue.

Dans la grande majorité des cas, cette situation est liée à un manque de sommeil chronique. Ce problème concernerait près de la moitié des adultes et environ 1 adolescent sur 3 (source 1).

Les conséquences de la somnolence diurne peuvent être ravageuses : accident de la route, licenciement, échec scolaire, difficultés relationnelles…

Symptômes : comment reconnaître les somnolences diurnes ?

« Les somnolences diurnes correspondent à la survenue d’épisodes d’endormissements indésirables dans la journée. Les yeux commencent à picoter et le sujet se met à bâiller avant de s’endormir complètement. Les somnolences sont souvent associées à une fatigue chronique diurne », souligne le docteur Julien Favier.

Les personnes peuvent présenter les symptômes suivants :

  • une difficulté à se réveiller le matin ou après une sieste ;
  • une sensation d’être « mal réveillé(e) » ;
  • une envie fréquente de dormir ou de faire la sieste dans la journée ;
  • une fatigue et le sentiment de ne pas dormir assez ou que son sommeil n’est pas réparateur : « il n’est pas rare que certains patients consultent car malgré un sommeil suffisant, ils ne se sentent pas en forme. Cette situation peut être due à un sommeil de mauvaise qualité mais aussi à une activité physique trop intensive au cours de la journée (de sorte que les besoins de sommeil sont particulièrement accrus) », d’après l’expert.
  • un besoin de s’allonger dans la journée ;
  • des difficultés de concentration ;
  • des endormissements involontaires et incontrôlables même dans des circonstances indésirables comme au volant ou au travail.
  • une humeur irritable ou dépressive.

Causes : pourquoi je m’endors souvent dans la journée ?

Les somnolences diurnes peuvent s’expliquer par :

– un sommeil insuffisant : l’insomnie chronique et la dette de sommeil sont les causes les plus fréquentes des somnolences diurnes. Selon le site de l’Assurance maladie environ 46,5 % des adultes auraient une dette de sommeil (chiffres de 2017) ;

– la prise de certains médicaments (la plupart des hypnotiques, neuroleptiques, anxiolytiques, antidépresseurs et certains antihistaminiques, antiépileptiques, agonistes dopaminergiques, antihypertenseurs, opiacés, amphétamines…) ;

– un sommeil de mauvaise qualité lié à uneapnée obstructive du sommeil (SAOS), un syndrome des mouvements périodiques des membres inférieurs ou à une parasomnie (somnambulisme, terreurs nocturnes…). Un sommeil de mauvaise qualité peut aussi s’expliquer par une maladie douloureuse ou à un environnement défavorable : bruits, lit inconfortable… « L’apnée du sommeil responsable de trouble de la respiration pendant le sommeil est une cause majeure de fatigue chronique et de somnolences diurnes. Cette maladie pourtant fréquente est aujourd’hui encore sous-diagnostiquée », selon le docteur Julien Favier, médecin du sommeil ;

– la narcolepsie qui se caractérise par une somnolence diurne avec des épisodes d’endormissement irrésistibles appelés « attaques de sommeil » plusieurs fois par jour. Les symptômes peuvent s’accompagner de catalepsie c’est-à-dire un effondrement brutal du tonus musculaire partiel (limité à certaines zones du corps : tête, la mâchoire…) ou total (sur la globalité du corps. Dans ce cas, le risque de chute est accru) ;

– l’hypersomnie idiopathique caractérisée par un besoin accru de sommeil. La personne peut présenter un temps de sommeil prolongé avec des nuits de plus de 10 heures et des siestes. Parfois, il n’y a pas d’allongement du temps total de sommeil mais une nécessité impérieuse de dormir dans la journée ;

– un syndrome de fatigue chronique ;

– une autre maladie : maladie psychiatrique (comme la dépression), neurologique (maladie de Parkinson par exemple), métabolique (comme un diabète)… 

« Il est vrai qu’en cas de dépression nerveuse, les patients se disent ‘fatigués’. En réalité, il ne s’agit pas de fatigue physique mais plutôt de fatigue psychologique. Ces patients vont donc éprouver le besoin de beaucoup dormir dans la journée et ont généralement du mal à se réveiller », d’après le spécialiste.

Quelles sont les personnes à risque de sommeil réduit ?

En dehors des cas de maladies précitées, certaines personnes sont plus à risque de présenter une dette de sommeil :

  • les parents d’un nourrisson ou d’enfant(s) en bas âge ;
  • les personnes qui ont des horaires de travail nocturnes ;
  • les personnes qui travaillent beaucoup (tard le soir et.ou tôt le matin) ;
  • les personnes qui voyagent beaucoup à l’étranger (en proie au décalage horaire) ;
  • les personnes âgées : avec l’âge, ces personnes s’endorment de plus en plus tôt le soir et se réveillent souvent très tôt (parfois même vers 4 ou 5 heures du matin) ;
  • les adolescents et les étudiants (parce qu’ils sont fêtards, parce qu’ils travaillent la nuit pour leurs examens, parce qu’ils ont des cours très tôt le matin…).

« Les parents des adolescents devraient veiller à ce que leurs enfants se couchent tôt. En effet, au moment de l’adolescence, l’individu a tendance à se décaler par des horaires de coucher et de lever plus tardifs. En outre, le sommeil est physiologiquement moins réparateur. Or tout ceci n’est pas pris en considération par le système éducatif avec des horaires de cours très matinales », prévient le docteur Julien Favier, médecin somnologue.

Quels sont les risques de somnoler la journée ?

Les conséquences de la fatigue et des somnolences diurnes sont ravageuses :

  • risque accru d’accident de la route ;
  • échec scolaire ;
  • perte d’emploi ;
  • échec scolaire ;
  • difficultés relationnelles ;
  • repli sur soi.

Fatigue diurne : comment lutter contre l’envie de dormir ? Quand consulter ?

Si vous souffrez de fatigue et de somnolences diurnes c’est peut-être que vous avez une dette de sommeil. Assurez-vous de dormir suffisamment. Si ce n’est pas le cas pensez à :

  • vous couchez plus tôt (dans des conditions favorables à un sommeil réparateur) et à dormir au moins 7 heures par nuit. « Veillez aussi à avoir des heures fixes de coucher et de lever. N’utilisez le lit que pour dormir (et donc évitez de passer du temps au lit en dehors du temps de sommeil par exemple pour regarder la télévision ou pour manger…) », recommande le praticien.
  • traiter toute maladie responsable de votre dette de sommeil. Par exemple, si vous souffrez d’insomnie, mieux vaut consulter un médecin afin d’obtenir une prise en charge.

Vous pouvez évaluer vous-même votre risque d’endormissement dans la journée grâce l’échelle de somnolence d’Epworth.

Si vous ne parvenez pas à trouver la cause de vos somnolences diurnes, mieux vaut consulter un médecin.

Le médecin évaluera par lui-même la sévérité des somnolences et de votre état de fatigue. Il peut aussi demander des examens complémentaires s’il soupçonne une maladie en particulier ainsi qu’un bilan de sommeil à réaliser dans un centre du sommeil. Afin de connaître le centre du sommeil le plus proche de chez vous, vous pouvez vous rendre sur le site l’institut national du sommeil et de la vigilance (INSV).

Un bilan de sommeil peut comprendre différents examens comme une polysomnographie, des tests itératifs de latence d’endormissement et des tests de maintien de la veille… « Attention, le délai d’attente pour accéder à ce type d’examen peut être long, même en unité de sommeil », souligne l’expert.

Un café pour se réveiller, la fausse bonne idée

Attention, si vous comptez sur votre tasse de café pour vous maintenir éveillé, ce réflexe est souvent contre-productif.

La caféine bloque les récepteurs du cerveau à l’adénosine – qui fonctionne comme un neurotransmetteur transportant des signaux dans le cerveau à l’origine de l’envie de dormir. Mais une fois que la caféine quitte l’organisme, se produit alors un effet « boomerang » : une accumulation d’adénosine inonde alors vos récepteurs et provoque de la fatigue.

Il existe une autre raison pour laquelle la caféine entraîne souvent de la fatigue : elle déshydrate. À mesure que le corps perd de l’eau, le volume sanguin diminue lui-aussi, ce qui entraîne une diminution de la distribution globale d’oxygène dans le corps. Moins d’oxygène entraîne un épuisement et une sensation de fatigue.

Quels sont les traitements des somnolences diurnes ?

Afin de venir à bout des somnolences diurnes, il convient d’en déceler la cause. Parfois des médicaments sont nécessaires.

Soigner la cause des somnolences

En cas de fatigue et de somnolences dans la journée, le premier réflexe est de rallonger le temps de sommeil nocturne et de prévoir au moins une sieste dans la joirnée (d’une durée de 20 minutes maximum et avant 15 heures) afin d’atténuer la fatigue.

Il convient de déceler et de traiter la cause des somnolences. Par exemple, en cas d’insomnie chronique, une prise en charge médicale est indispensable. En cas, d’apnée obstructive du sommeil, différents traitements sont mis en place pour éviter le blocage des voies aériennes (propulseurs mandibulaires ou orthèses, ventilation nocturne en pression positive continue (PPC) …).

Quels médicaments contre la somnolence ?

Certaines maladies à l’origine des somnolences diurnes peuvent nécessiter la prise de médicaments.

Le traitement de la narcolepsie repose sur la prise de psychostimulants stimulant la vigilance (modafinil, méthylphénidate, amphétamine, pitolisant, solriamfétol), des anticataplectiques pour éviter les pertes de tonus lorsqu’elles sont présentes (antidépresseurs comme la venlafaxine) ou l’oxybate de sodium.

Le traitement de l’hypersomnie idiopathiquefait également appel aux psychostimulants de la vigilance (méthylphénidate, modafinil).



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