Qu’est-ce que la « charge médicale », qui incombe encore trop souvent aux femmes ?

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bebe chez le medecin

Vous avez certainement déjà entendu parler de la « charge mentale », cet ensemble de responsabilités qui pèse souvent sur les épaules des femmes, chargées de planifier et d’organiser le quotidien de leur couple ou de leur foyer. Saviez-vous qu’il existe aussi une « charge médicale »

En quoi consiste la « charge médicale » ?

Prendre rendez-vous pour les vaccins, accompagner ses enfants aux rendez-vous médicaux, soigner les petits bobos, remplir la boîte à pharmacie, prendre un congé pour veiller les enfants malades… D’après un récent sondage Opinion Way, réalisé pour la plateforme de téléconsultation Qare (source 1), toutes ces tâches incombent majoritairement aux femmes.

Ce que l’on appelle la « charge médicale » inclut donc : la charge logistique de santé (le temps passé à s’occuper de tâches en lien avec la santé) ; la charge mentale de santé (le fait de devoir y penser quotidiennement) et la charge économique de santé (le budget qui y est consacré).

Les chiffres collectés sont plutôt éloquents :

  • 67 % des femmes estiment être le parent principal à prendre en charge la santé des enfants (contre 43 % des hommes), une proportion qui monte même à 82 % des femmes chez les CSP+ ; 
  • 70 % des femmes disent aussi prendre régulièrement soin de la santé de leur conjoint (72 % chez les couples sans enfants contre 56 % des hommes).

Quel est l’impact de la « charge médicale » pour les femmes ?

La « charge médicale » demande un investissement de temps, mais aussi de moyens. Qui dit « charge médicale » élevée, dit aussi frais élevés. Les résultats du sondage indiquent que 14 % des femmes de moins de 50 ans déclarent dépenser plus de 100 euros par mois (contre 7 % des hommes) et 72 % des femmes de moins de 50 ans dépensent moins de 100 euros.

Un investissement qui pèse aussi sur le moral des femmes. La moitié d’entre elles se disent stressées par ces tâches médicales qui rythment leur quotidien (contre 30 % des hommes). 

Plus grave encore, les femmes relèguent parfois leur propre santé au second plan : 

  • 50 % d’entre elles déclarent en effet s’occuper davantage de la santé de leur foyer… que de la leur ! 
  • 40 % ont déjà dû annuler leurs loisirs pour s’occuper de la santé de leurs proches (contre 28 % des hommes).
  • Et 33 % de femmes indiquent qu’elles ont déjà renoncé à des soins pour s’occuper de leurs proches, repoussant des rendez-vous pour elles-mêmes ou n’en prenant pas (contre 9 % des hommes).

Faire évoluer les mentalités et les politiques publiques

Pour remédier à cette situation et impliquer davantage les hommes, Julie Salomon, pédiatre et directrice médicale de Qare, estime que les professionnels de santé et de l’éducation doivent être mieux sensibilisés. À l’école par exemple, il faudrait que les professeurs ne s’adressent pas qu’aux mères, comme cela est souvent le cas. Idem du côté des médecins. « Si on implique les papas, en leur demandant de venir aux consultations, ils viennent« , souligne-t-elle. En revanche, ces habitudes doivent être prises tôt, car « quand on se met plus tardivement à donner au papa la responsabilité médicale, il est perdu parce qu’il n’a pas acquis cette expérience ». 

La médecin indique également que l’écart entre la « charge médicale » des hommes et des femmes « peut être renforcé par des biais de genre dans les politiques publiques« . Elle cite notamment la vaccination contre le papillomavirus comme exemple : « On a recommandé une vaccination pour les filles, car ce sont celles chez qui le virus provoque un nombre important de complications graves (cancer du col de l’utérus notamment). Cependant, c’est une maladie sexuellement transmissible, donc impliquant aussi les garçons et qui peut tout aussi bien provoquer à ces derniers des complications, moins fréquentes, mais tout aussi graves. On a donc misé sur l’observance et l’implication des femmes à adhérer à cette vaccination, pour réduire l’incidence de cette pathologie, en pariant moins sur le traitement de l’homme (alors qu’il est proposé depuis près de 10 ans dans certains pays comme l’Australie) ! ».

Julie Salomon se veut optimiste. À force de combattre les stéréotypes au cœur des foyers et de mettre en place des politiques publiques non genrées, elle garde bon espoir de voir bientôt baisser les charges mentale, médicale et sexuelle qui pèsent sur les épaules des femmes

En vidéo : La charge médicale, qu’est-ce que c’est ?





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