Quels sont les bienfaits de la sieste ?

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Blotti dans sa voiture, planqué dans les WC, lové sur un banc public… “Beaucoup de salariés, d’artisans, d’agents divers se cachent pour “siester”, dévoile Léopoldine Blanc dans Je fais la sieste, repassez tout à l’heure. Les “siesteurs” ont peur du regard d’autrui, des moqueries ou du soupçon de fainéantise”. Le sujet reste tabou conclut l’auteure. Un avis partagé par nombre de médecins, alors qu’on avait pu croire qu’un repos à la mi-journée était une évidence de santé, passée dans les mœurs. À l’inverse, dans les pays asiatiques, pratiquée par tous quotidiennement, la sieste est un signe de respect de soi et des autres : plus en forme, on est plus performant. Les bienfaits de la sieste sont en effet importants.

Un besoin naturel

La sieste, dite aussi méridienne ou creux semi-circadien, est pourtant un temps de repos essentiel dans le système veille/sommeil. « Elle fait partie de l’être humain, car la baisse de forme est naturelle, développe le Dr Philippe Beaulieu, spécialiste du sommeil. La sieste répond à un besoin physiologique de notre organisme : la récupération. » Nous ne sommes donc pas endormis ou éveillés n’importe quand. « Les nourrissons, puis les enfants dorment beaucoup en journée pour assimiler ce qu’ils ont découvert et appris.

Les adultes, eux aussi, ont leur rythme chronobiologique, avec des fluctuations journalières de vigilance et de performance », explique le Dr Éric Mullens, responsable du Laboratoire du sommeil à Castres. On sait que le pic de forme cognitif se situe à 11 heures le matin, et celui de forme physique entre 16 et 17 heures, tandis que les creux physiologiques de vigilance se situent entre 13 et 15 heures. D’où l’intérêt d’effectuer une sieste réparatrice et énergisante durant les pauses déjeuners. Surtout que le jet lag social (privation de sommeil la semaine/rattrapage le week-end) qui fait florès est un mauvais plan : il perturbe l’horloge biologique.

37 % des Français se disent insatisfaits de leur sommeil, et 42 % souffrent même de troubles du sommeil.

Mémoir, coeur, humeur, poids… Est-il bon pour la santé de faire la sieste ?

  • Récupération physique et mentale : la sieste permet la récupération musculaire et l’élimination des métabolites toxiques de notre organisme. Elle offre immédiatement une meilleure vigilance et concentration. Elle soulage notre mémoire.
  • Moins de stress : la sieste régulière aide à réduire les risques cardiovasculaires. Elle amenuise le stress tout en ayant, à long terme, des effets bénéfiques sur le cœur. Et en gommant les émotions négatives, elle améliore l’humeur et renforce le système immunitaire.
  • Booster de créativité : un cerveau moins fatigué est un cerveau plus vif qui facilite les associations d’idées. Delphine Oudiette, chercheuse à l’institut du cerveau (ICM), a démontré en 2021 un effet “eurêka” pour l’aficionado de la sieste. En clair : l’idée géniale surgit quand il est dans un état semi-lucide, après 20 minutes de repos, juste aux portes du sommeil profond.
  • Perte de poids : la privation de sommeil favorise une alimentation nocturne. Elle tend aussi à dérégler la production diurne de leptine – l’hormone de la satiété – et de la ghréline – l’hormone de l’appétit – déclenchant l’augmentation de la sensation de faim au long de la journée, explique le neuroscientifique Brice Faraut, dans son ouvrage Sauvés par la sieste (éd. Actes Sud). La sieste aide ainsi à réguler ses hormones.

Micro-sieste, 20 minutes, 1 heure… Combien de temps doit durer une bonne sieste ?

Pour une bonne sieste, il est important de choisir une durée appropriée :

  • la sieste flash de 2-3 minutes, pour une revitalisation (trop) rapide de l’organisme ;
  • la micro-sieste (power-nap) de 10 minutes qui, tout en évitant d’entrer dans un sommeil profond, énergise et stimule la vigilance. Efficace avant un rendez-vous important ;
  • la sieste longue (20-30 minutes), laquelle, en mixant sommeil lent léger et profond, restaure les capacités intellectuelles et physiques et renforce l’immunité ;
  • au-delà de 30 minutes, elle risque d’impacter l’heure du coucher et la qualité du sommeil nocturne ;
  • les travailleurs de nuit peuvent, eux, siester davantage pour ne pas avoir une dette de sommeil.

À lire : Apprendre à faire la sieste, Éric Mullens, éd. Josette Lyon, 15 €.

Comment bien faire une sieste réparatrice et efficace ?

Les conseils de la psychologue Carolle Palethorpe, spécialiste des troubles du sommeil, membre du Réseau Morphée.

  1. Identifier les signes de somnolence : sensation de fatigue, paupières lourdes, lecture et relectures incessantes d’une même page, bâillements, muscles du cou raides, envie de prendre un café…
  2. S’isoler dans un endroit calme et sombre, à l’abri de tous les écrans et de leur lumière bleue, mais pas dans le noir total. L’objectif n’est pas de dormir, mais de se reposer.
  3. Opter pour un canapé (le lit rappelle trop la nuit), sinon un fauteuil en inclinant le dossier d’au moins 40°. Trouver une position confortable et placer un coussin autour du cou.
  4. Se recentrer sur son corps en réalisant des exercices de respiration et de relaxation pour laisser vagabonder son esprit.

La sieste au travail : un marché porteur d’avenir ?

Les bars à sieste ont pu être une réponse dans les années 2010. Ils sont relayés par les capsules ou cocons ad hoc à acheter ou à louer durant dix à quinze minutes. “Le marché de la sieste est en pleine explosion, constate Léopoldine Blanc. Il surfe sur la vague du “feel good”. On ne vend plus seulement un mobilier et un endroit dédié, mais un véritable service bien-être avec la musique et l’éclairage relaxants, les séances de massage, les conseils persos. Bref un service à la carte… onéreux !” De plus, les entreprises qui encouragent les “méridiennes” en contrôlent et le lieu et la durée en vue d’un gain de performance au bureau. Avec des résultats mitigés, car il n’y a pas de profils type de “siesteur” (moment, horaire, durée…) : « Tout le monde n’a pas la même souplesse circadienne », résume le Dr Beaulieu.

La chaleur est propice à ce temps de repos, qui n’est pas directement lié au repas de midi. L’été, d’autant plus avec les vacances, est donc un moment idéal pour s’y entraîner !



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