Quand faut-il opérer un enfant des végétations ?

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Qu’appelle-t-on les végétations adénoïdes ?

Les végétations adénoïdes – plus connues sous le terme raccourci de « végétations » – désignent le tissu lymphoïde situé à l’arrière du nez, dans le nasopharynx, à l’endroit où se rejoignent les fosses nasales. « Cette nappe de tissu lymphoïde sous la muqueuse du rhinopharynx aide l’organisme à se défendre contre les virus et les bactéries, explique le Pr. Nicolas Leboulanger, oto-rhino-laryngologiste. Or, chez certains enfants, il arrive que les végétations augmentent de volume et occasionnent une obstruction nasale chronique – avec des ronflements, une respiration buccale, des surinfections, etc. – pouvant nécessiter une intervention chirurgicale ».

Quel est leur rôle ?

Le rôle des végétations est de défendre l’organisme contre les infections virales et bactériennes. « Ce tissu lymphoïde – le même que celui des amygdales – assure une première ligne de défense contre les agents pathogènes, confirme le spécialiste. Cependant, lorsque les végétations sont trop volumineuses, par exemple après des infections à répétition, et qu’elles gênent l’enfant au quotidien, il peut être nécessaire de les réduire de taille ». Que les parents se rassurent : l’intervention sur les végétations n’engendre pas de déficit immunitaire ou de susceptibilité accrue aux infections.

Adénoïdectomie : pourquoi faut-il faire enlever les végétations ?

Très répandue il y a une vingtaine d’années, l’opération des végétations est aujourd’hui moins systématique. « Dans certains cas d’hypertrophie modérée, un traitement médical à base de corticoïdes locaux peut être prescrit, confirme le Pr. Leboulanger. Il est aussi préconisé de faire quotidiennement des lavages de nez avec du sérum physiologique pour aider à diminuer l’inflammation et augmenter le confort de l’enfant ».

L’adénoïdectomie, ou réduction de volume des végétations, est aujourd’hui recommandée :

  • surtout en cas d’obstruction nasale chronique avec un retentissement sur l’état général de l’enfant : respiration par la bouche, ronflements, altération de la qualité du sommeil, etc.
  • parfois dans le cadre d’une otite séreuse (appelée aussi séro-muqueuse) qui se prolonge dans le temps et quand les végétations sont augmentées de volume et symptomatiques. « L’augmentation de volume des végétations peut boucher l’orifice inférieur de la trompe d’Eustache et entraîner un défaut de ventilation de l’oreille moyenne propice à la formation d’une otite séreuse », explique le spécialiste.

Quels sont les symptômes d’une hypertrophie des végétations ?

L’hypertrophie des végétations se manifeste généralement par :

  • une obstruction nasale chronique avec écoulements
  • une respiration buccale, c’est-à-dire par la bouche, diurne et nocturne
  • des ronflements, un sommeil agité, pouvant aller parfois jusqu’à un syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS).

« L’hypertrophie des végétations favorise également les infections rhinopharyngées et les otites à répétitions. Elle peut, par exemple, être associée à une otite séreuse, précise le Pr. Nicolas Leboulanger. C’est pourquoi la réduction des végétations est parfois couplée à la pose d’aérateurs trans-tympaniques appelés aussi yoyos ».

Quelles sont les causes de l’hypertrophie des végétations ?

L’hypertrophie des végétations résulte souvent d’une inflammation persistante dans le temps. « Elle survient dans un contexte d’infections ORL à répétition, confirme le spécialiste. Trop sollicitées sur le plan immunitaire, les végétations vont augmenter de volume et engendrer une obstruction nasale chronique ».

Quels sont les facteurs de risque ?

Plusieurs facteurs peuvent favoriser la survenue d’une hypertrophie des végétations : par exemple, la vie en collectivité (mode de garde en crèche) qui accentue la diffusion des virus lors des épidémies ou encore le tabagisme passif qui va avoir tendance à irriter les muqueuses respiratoires du bébé.

Quand faut-il opérer les végétations chez l’enfant ?

En général, l’intervention chirurgicale (adénoïdectomie) est pratiquée chez les enfants à partir de 18 mois jusqu’à l’âge de 4/5 ans. Ensuite, les végétations diminuent de volume ce qui permet souvent une résolution des symptômes qui leur sont associées. En général, le jeune patient est adressé à l’ORL par le pédiatre ou le médecin généraliste.

Lors du rendez-vous, outre l’examen clinique, le spécialiste pratique une nasofibroscopie afin d’explorer les fosses nasales. « Cet examen réalisé avec un fibroscope de petite taille adapté à l’enfant n’est pas douloureux, précise le Pr. Leboulanger. La sensation peut être un peu désagréable mais elle ne dure que quelques secondes. Cela permet de visualiser les végétations, de vérifier leur volume et de confirmer ou non l’indication d’intervenir chirurgicalement ».

L’ablation des végétations se déroule sous anesthésie générale, le plus souvent en ambulatoire (hospitalisation de jour). « Le geste est aujourd’hui très bien maîtrisé, confie le spécialiste. On enlève une partie du tissu lymphoïde par curetage afin de réduire sa taille. Il arrive d’ailleurs que les végétations repoussent. C’est rare, mais si celles-ci ont à nouveau un retentissement fonctionnel sur l’enfant (obstruction nasale, etc.), une seconde opération pourra être envisagée ». Parfois, l’intervention chirurgicale est également couplée à un geste sur les amygdales (amygdalectomie) ou à la pose d’un aérateur tympanique dans le cadre d’une otite séreuse.

Quelles sont les suites opératoires d’une ablation des végétations ?

Les suites opératoires sont simples. « Pendant quelques jours, il persiste parfois une légère douleur à la déglutition facilement soulagée par des antalgiques du type paracétamol, rassure l’ORL. De rares saignements peuvent également survenir ». Le spécialiste recommande de ne pas manger d’aliments trop chauds ou épicés et d’effectuer des lavages des fosses nasales au sérum physiologique les premiers jours suivant la chirurgie. « Les bénéfices de l’opération sont très rapides : l’enfant va mieux respirer donc mieux dormir, ce qui va avoir un retentissement sur son état général », conclut le Pr. Leboulanger.

Amygdales versus végétations

L’opération des végétations peut être couplée à l’ablation des amygdales. L’amygdalectomie est indiquée dans le cadre :

  • d’amygdales trop volumineuses : une hypertrophie des amygdales peut en effet provoquer chez l’enfant une respiration buccale permanente et l’apparition d’un syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS).
  • d’angines à répétition ou d’amygdalite chronique se traduisant par des douleurs pharyngées, une inflammation des amygdales et des ganglions cervicaux qui persistent dans le temps.
     

Et chez les adultes ?

En grandissant, les végétations s’atrophient. « L’ablation des végétations chez les adultes est rare, confirme le Pr. Leboulanger. Lorsqu’on intervient, c’est plutôt pour vérifier qu’il n’y a pas une pathologie tumorale sous-jacente ».



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