Prise de poids : quelles plantes font « grossir » ?

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Nous ne sommes pas tous égaux face à la prise de poids : certaines personnes ont bel et bien du mal à gagner les quelques kilos nécessaires à leur bien-être physique ou psychologique. Et cela peut paraître étonnant, mais elles se tournent parfois vers une alternative naturelle pour grossir : les plantes. Explications et conseils de Jacques Fleurentin, pharmacien et président fondateur de la Société Française d’Ethnopharmacologie et de Sophie Pihan, naturopathe et membre de la Fédération Française de naturopathie (FÉNA).

Les plantes aident-elles vraiment à prendre du poids ?

Évidemment, la simple consommation de plantes ne suffit pas à prendre du poids de manière significative. Rappelons que notre corps a besoin d’énergie pour fonctionner correctement au quotidien. Concrètement, pour prendre du poids, nos dépenses énergétiques (liées au fonctionnement de nos organes et à notre activité physique) doivent être inférieures nos apports énergétiques (fournis par notre alimentation).

Si vous souhaitez gagner quelques kilos sur la balance, il est donc recommandé d’augmenter vos apports énergétiques en consommant plus d’aliments riches en nutriments et en calories. Cela peut inclure des sources de protéines animales ou végétales, des aliments riches en glucides et en lipides sains. La pratique d’un sport d’endurance est également recommandée pour gagner en masse musculaire. Sans compter l’importance d’une bonne hygiène de sommeil, d’une bonne hydratation et la réduction du stress.

En résumé, les plantes peuvent être utiles pour favoriser la prise de poids, à condition de suivre parallèlement une hygiène de vie saine, de s’astreindre à une alimentation équilibrée et de pratiquer régulièrement une activité physique adaptée. Par ailleurs, la capacité à prendre du poids dépend de plusieurs facteurs individuels, comme l’âge, le sexe, le métabolisme, la génétique, les antécédents médicaux, les bouleversements hormonaux, etc.

Si vous souhaitez prendre du poids de manière saine, il est donc recommandé de consulter un(e) professionnel(le) qui pourra détecter une éventuelle pathologie et vous donner des conseils personnalisés. 

Le fenugrec

Le fenugrec (trigonella foenum-graecum) est une des plus anciennes plantes médicinales, souvent utilisées à des fins culinaires et / ou médicinales. « Au Yémen, par exemple, on consomme une soupe de fenugrec tous les soirs avant d’entamer le repas », indique Jacques Fleurentin.

Ses graines sont traditionnellement utilisées pour stimuler l’appétit et la prise de poids, mais aussi pour soulager les troubles digestifs, indique Sophie Pihan. Et le pharmacien d’ajouter : « Le fenugrec peut aussi aider à contrôler la glycémie (taux de sucre dans le sang) chez les personnes diabétiques. Toutefois, cette indication, attestée par de nombreux travaux, n’est pas encore officiellement reconnue ».

« Très concentrées en protéines, en glucides, en fibres et en lipides, les graines de fenugrec sont aussi de bons compléments nutritionnels et peuvent favoriser la prise de poids chez les personnes convalescentes, dénutries ou anorexiques », souligne la naturopathe.

Des graines de fenugrec

© iStock / ajaykampani

Mode d’emploi :

Le fenugrec peut se consommer de plusieurs manières : on peut manger les graines entières ou en poudre (mieux vaut alors les moudre soi-même pour faciliter leur assimilation). On peut aussi utiliser de l’huile de fenugrec en usage externe.

« L’idéal, pour prendre du poids, c’est de faire tremper directement les graines dans un verre d’eau pour les faire gonfler et extraire les actifs intéressants, conseille Sophie Pihan. On commence par boire uniquement l’eau, et si on ne présente pas de souci particulier, on peut progressivement avaler les graines qui seront ramollies. » Deux écoles pour le mode d’emploi :

  • laisser tremper les graines dans une eau à température ambiante pendant huit heures, pour bien activer les graines et les ramollir ;
  • ou faire bouillir une grosse cuillère à café de graines dans un peu d’eau pendant cinq bonnes minutes, avant de laisser les graines infuser hors du feu pendant cinq autres minutes.

Dans tous les cas, on consomme la boisson une à deux fois par jour, une heure à trente minutes avant le déjeuner et / ou le dîner, conseille Jacques Fleurentin, qui précise que la dose officielle recommandée se situe entre un et six grammes de fenugrec par jour.

Contre-indications :

Les compléments alimentaires à base de fenugrec sont déconseillés aux femmes enceintes, aux personnes de moins de dix-huit ans, aux patient(e)s diabétiques non suivis (en particulier s’ils / elles prennent des médicaments pour réguler leur glycémie) et aux patient(e)s sous traitements anticoagulants.

En vidéo : « Comment contrôler sa glycémie grâce aux plantes ? »

Contrôler sa glycémie avec les plantes

La gentiane

La gentiane jaune (Gentiana lutea) est une plante dite apéritive dont les racines contiennent des principes amers (iridoïdes) qui stimulent la production de sucs digestifs et ouvrent l’appétit. L’Agence européenne du médicament et l’Organisation mondiale de la Santé reconnaissent son utilisation traditionnelle pour traiter la perte temporaire d’appétit et les problèmes digestifs et gastro-intestinaux légers (ballonnements et flatulences, par exemple).

« La gentiane a aussi un effet antidépresseur avéré, qui ne fait pas encore partie de ses indications officielles », précise Jacques Fleurentin.

La gentiane, une plante appéritive

© iStock / Ludovic SCHOCH

Mode d’emploi :

On consomme généralement la gentiane en décoction, explique Sophie Pian : on place les racines de la plante dans l’eau froide, puis on fait bouillir l’eau et on laisse infuser une dizaine de minutes pour bien extraire les principes actifs.

Et la naturopathe de préciser : « Il existe aussi des teintures mères de gentiane (solution hydro-alcoolique issue d’une macération de racines fraîches dans de l’alcool), totalement contre-indiquées pour les femmes enceintes et les mineur(e)s ».

La dose journalière conseillée se situe entre 0,6 et 6 grammes par jour. On peut donc consommer deux à trois tasses par jour, une demi-heure à une heure avant les repas (pour remédier à la perte d’appétit) ou juste après (pour son effet protecteur du foie ou anti-dépresseur).

Contre-indications :

La consommation de racines de gentiane jaune est contre-indiquée chez les personnes qui souffrent d’ulcère de l’estomac ou du duodénum, de reflux gastro-œsophagien ou d’hypertension artérielle. Il est aussi préférable de ne pas en consommer pendant sa grossesse ou pendant l’allaitement. Enfin, son utilisation est déconseillée aux mineur(e)s

L’harpagophytum

L’harpagophytum (harpagophytum procumbens), aussi connue sous le nom de griffe du diable, est une plante médicinale originaire des régions semi-désertiques d’Afrique australe. Elle est surtout connue en phytothérapie pour ses propriétés anti-inflammatoires, analgésiques et antioxydantes, qui favorisent la mobilité articulaire, rappelle Sophie Pihan. Mais elle est également utilisée depuis des années pour stimuler l’appétit – et donc potentiellement la prise de poids.

« Ses propriétés anti-inflammatoires et anti-douleurs sont officiellement reconnues, mais ses effets sur l’appétit et la digestion ne le sont pas encore. Son utilisation en ce sens repose sur le fait que, comme les autres plantes amères, l’harpagophytum stimule la production de sucs digestifs. Mais je ne la conseille pas spécialement », explique Jacques Fleurentin, dubitatif. Toutefois, l’Agence européenne du médicament reconnaît l’usage traditionnel de l’harpagophytum « pour soulager les douleurs articulaires mineures, ainsi que les ballonnements, les flatulences et la perte d’appétit temporaire ». Et l’Organisation mondiale de la Santé reconnaît son usage « traditionnel » dans la perte d’appétit.

harpagophytum

© iStock / 2K Studio

Mode d’emploi :

En phytothérapie, on utilise la partie renflée de sa racine (les racines dites secondaires). L’idéal, pour enclencher l’action apéritive des principes amers ? Consommer les racines sous forme de décoction ou d’extrait liquide. Ainsi, les principes actifs de l’harpagophytum sont directement au contact des papilles. Les comprimés ou capsules contenant de la poudre d’harpagophytum risquent d’être bien moins efficaces.

Contre-indications :

L’harpagophyton est déconseillé aux personnes qui souffrent de reflux gastro-œsophagien, ou d’ulcère de l’estomac ou du duodénum. L’Agence européenne du médicament déconseille aussi la consommation d’harpagophyton aux femmes enceintes, aux personnes de moins de dix-huit ans et aux personnes souffrant de maladies cardiovasculaires. Quant aux personnes souffrant de calculs biliaires, elles sont fortement incitées à consulter leur médecin avant d’entamer une cure.

Le gingembre

Le gingembre (zingiber officinale) est une racine très connue pour son utilisation en cuisine. Ses propriétés fortifiantes, anti-inflammatoires et anti-nauséeuses peuvent être intéressantes en cas de nausées ou de douleurs digestives qui empêchent de s’alimenter. Et consommée quelques minutes avant un repas, elle permet de stimuler la production d’enzymes digestives pour ouvrir l’appétit, indique Sophie Pihan. Sans compter qu’elle favorise la circulation sanguine, donc l’irrigation du système digestif.

De son côté, l’Organisation mondiale de la Santé reconnaît comme « traditionnel » son utilisation dans le traitement « des troubles digestifs, du rhume et de la grippe, de la perte d’appétit et comme anti-inflammatoire dans les migraines et les douleurs musculaires ou articulaires ».

Une infusion de gingembre pour grossir

© Adobe Stock / Davizro Photography

Mode d’emploi :

Le gingembre peut être consommé en infusion ou en décoction, en gélules ou en poudre (dans l’alimentation). Pour éviter tout effet secondaire, on considère généralement qu’il ne faut pas dépasser 4 grammes de gingembre sec par jour, soit entre 15 et 20 grammes de gingembre frais quotidien.

Contre-indications :

La consommation de gingembre est déconseillée aux personnes souffrant de calculs biliaires. Et les femmes enceintes qui souhaitent prévenir leurs nausées en consommant du gingembre doivent toujours demander conseil à leur médecin !

L’absinthe

L’absinthe (Artemisia absinthium) est une excellente plante pour ouvrir l’appétit et favoriser la prise de poids. « Elle est indiquée pour ouvrir l’appétit depuis plus de 2 000 ans. Dans les traditions de médecine égyptienne, grecque et arabo-persane elle a toujours été réputée pour stimuler l’appétit, favoriser la production de bile et soulager les digestions difficiles », indique Jacques Fleurentin. En effet, l’absinthe contient des substances amères qui stimulent l’activité de l’estomac et envoie un signal de faim à notre cerveau.

L’Agence européenne du médicament considère en effet comme « traditionnellement établi » l’usage de l’absinthe contre « la perte d’appétit temporaire et les problèmes digestifs légers ». Même son de cloche du côté de la Coordination scientifique européenne en phytothérapie (ESCOP).

L'absinthe favorise la prise de poids

© iStock / aloha_17

Mode d’emploi :

On utilise les parties aériennes de la plante, en infusion, conseille Jacques Fleurentin : faites bouillir deux à trois grammes d’absinthe dans une tasse d’eau pendant une dizaine de minutes, laissez l’infusion refroidir et profitez de ses bienfaits. La dose conseillée est de deux à trois tasses par jour, une demi-heure avant le repas (pour stimuler l’appétit) ou juste après (pour favoriser la digestion).

Contre-indications :

L’absinthe est déconseillée aux personnes qui souffrent de calculs biliaires, d’inflammation de la vésicule biliaire ou de maladie du foie. Elle est également contre-indiquée chez les personnes en proie à un ulcère de l’estomac ou du duodénum, à un reflux gastro-œsophagien, ou à une épilepsie. Enfin, elle est déconseillée aux mineur(e)s et aux femmes enceintes et allaitantes.

Le pissenlit

Le pissenlit (Taraxacum officinale) a de nombreuses propriétés, insiste Sophie Pihan. On l’utilise comme diurétique dans le cadre d’infections urinaires et de calculs rénaux ou pour soutenir les digestions difficiles. Mais il peut également être consommé pour ouvrir l’appétit. L’Organisation mondiale de la santé et la Coopération scientifique européenne en phytothérapie reconnaissent en effet l’utilisation traditionnelle du pissenlit « pour stimuler la production d’urine, faciliter la sécrétion et l’élimination de la bile, augmenter l’appétit et soulager les digestions difficiles ».

Une infusion de pissenlit

© iStock / arkady2013

Mode d’emploi :

Tout se consomme dans le pissenlit : la racine, les feuille et les fleurs, prévient Sophie Pihan. On peut tout à fait les cueillir soi-même au jardin et placer quelques fleurs dans une tasse d’eau bouillante. On laisse reposer le tout quelques minutes puis on boit la mixture (sans les fleurs) une petite demi-heure avant les repas.

À noter : le pissenlit est aussi disponible sous forme de gélules contenant de la poudre de plante séchée ou d’extraits liquides. Dans tous les cas, veillez à bien vous hydrater en parallèle !

Contre-indications :

Les personnes qui souffrent de troubles hépatiques, d’occlusion ou de calculs des voies biliaires, d’obstruction intestinale ou d’ulcère du duodénum doivent s’abstenir de prendre du pissenlit. « Et par précaution, je déconseille toutes le pissenlit aux femmes enceintes et allaitantes », prévient la naturopathe.

Selon l’Agence européenne du médicament, mieux vaut éviter de le consommer en cas de colique néphrétique et demande l’avis d’un(e) médecin en cas d’insuffisance rénale ou de problèmes cardiaques. Par ailleurs, notez que si vous êtes allergique aux plantes de la famille des astéracées (camomille, marguerite, etc.), vous êtes probablement allergique au pissenlit.

Cures de plantes pour grossir : combien de temps durent-elles ?

« Les plantes stimulantes comme la gentiane, l’harpagiphytum ou le pissenlit peuvent être utilisées dans le cadre de cures d’environ trois semaines. Si la situation nécessite une prise plus longue, mieux vaut faire une cure de trois semaines, laisser son organisme récupérer une semaine et reprendre la cure pendant trois dernières semaines. Cela permet au corps de récupérer et limite l’habituation. Le fenugrec et le gingembre peuvent être consommés régulièrement pendant plus de trois semaines, en fonction des cas, mais les cures ne doivent jamais dépasser trois mois », répond Sophie Pihan.

Et d’insister : « La perte d’appétit – donc la difficulté à prendre du poids – peut être lié à une maladie comme l’hyperthyroïdie. Dans ce cas, un traitement ciblé est indispensable. C’est pourquoi il faut absolument consulter un(e) médecin pour éliminer d’éventuelles causes pathologiques ».



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