Polygraphie ventilatoire : indications, déroulement

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Définition : qu’est-ce qu’une polygraphie ventilatoire ?

La polygraphie ventilatoire est un examen médical non invasif qui a pour but d’étudier l’activité respiratoire d’un patient durant son sommeil. Elle sert ainsi à détecter d’éventuelles anomalies de la respiration – en particulier les interruptions (apnées) ou les réductions (hypopnées) – pendant le sommeil. La polygraphie est le plus souvent réalisée en ambulatoire, c’est-à-dire à domicile.

La polygraphie nécessite la pose d’un appareillage léger sur le patient : deux ceintures (thoracique et abdominale), un oxymètre et une lunette nasale, qui enregistrent plusieurs variables physiologiques comme le rythme et les mouvements respiratoires, le débit d’air et la saturation du sang en oxygène. Dr Ghassan Fayad, médecin spécialisé dans les troubles respiratoires du sommeil

SAOS : la principale indication de polygraphie respiratoire

Le Syndrome d’Apnée Hypopnée Obstructive du Sommeil (SAHOS) autrefois appelé Syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS) représente la principale indication pour une polygraphie respiratoire. Ce syndrome est caractérisé par des pauses respiratoires pouvant durer 10 à 30 secondes durant le sommeil, généralement accompagnées de ronflements. C’est un trouble très fréquent, donc la prévalence augmente avec l’âge puisqu’il concerne près de 8% des personnes âgées de 20 à 44 ans, près de 20% des 45–64 ans et plus de 30% des personnes de plus de 65 ans !

L’importance du syndrome d’apnées du sommeil se mesure au nombre d’apnées/hypopnées par heure de sommeil (IAH ou indice d’apnées – hypopnées) :

  • en dessous de 5 : il n’y a pas d’apnée du sommeil,
  • entre 5 et 15 : l’apnée du sommeil est légère ;
  • entre 16 et 30 : elle est modérée ;
  • au delà de 30 : elle est sévère.

Les personnes souffrant d’apnée du sommeil dorment suffisamment en quantité mais se réveillent fatigués et souffrent de somnolence diurne importante car leur sommeil n’est pas réparateur.

L’utilisation de la polygraphie dans le cas du SAHOS repose notamment sur sa capacité à enregistrer les données pendant une période prolongée, généralement une nuit entière permettant d’obtenir une vision complète et détaillée des troubles respiratoires du patient durant son sommeil. Cet examen permet donc de poser un diagnostic fiable d’apnée du sommeil, indispensable à une prise en charge adaptée, afin que le patient puisse retrouver un bon sommeil.

Test d’apnée du sommeil à domicile : quel médecin aller voir ?

En présence de symptômes caractéristiques de troubles du sommeil tels que l’apnée, plusieurs professionnels de santé peuvent être consultés  : 

  • les médecins généralistes qui, face à des symptômes évocateurs, peuvent orienter vers un spécialiste ou prescrire un test de polygraphie ventilatoire à réaliser à domicile ;
  • les médecins du sommeil, ou somnologues, spécialisés dans le diagnostic et le traitement des troubles du sommeil ;
  • les pneumologues peuvent également être amenés à prescrire ce type d’examen en fonction des symptômes observés.

Enfin, certains laboratoires de sommeil ou cliniques spécialisées proposent également des tests d’apnée du sommeil à domicile. 

Où faire une polygraphie ventilatoire nocturne ?

La polygraphie ventilatoire nocturne peut être réalisée dans différents types de structures médicales : centre ou laboratoire du sommeil, clinique spécialisée ou cabinet médical de ville proposant ce type d’examen. Certains centres de cardiologie, comme l’ICPC, proposent également ce service.

Polygraphie ambulatoire : comment se passe un test d’apnée du sommeil à domicile ?

Cet examen est généralement réalisé à domicile, en ambulatoire, à l’aide d’un appareil spécialisé.  « C’est même recommandé car moins perturbant pour le sommeil du patient : les résultats de l’examen seront plus fiables », précise le médecin du sommeil. 

Pose : comment mettre l’appareil pour tester l’apnée du sommeil ?

La pose de l’appareil de polygraphie ventilatoire à domicile est une étape essentielle pour obtenir des résultats fiables. En général, l’appareil est composé de plusieurs éléments dont l’installation peut sensiblement varier en fonction du modèle. La procédure générale est néanmoins toujours la même et est très rapide.

Installation des ceintures : la ceinture thoracique est placée autour de la poitrine et la ceinture abdominale autour du ventre. Elles doivent être suffisamment serrées pour détecter les mouvements de respiration mais pas trop pour rester confortables.

Pose du capteur de flux d’air : Il s’agit généralement d’une canule nasale ou d’un capteur placé sous le nez. Il doit être bien positionné pour capter l’air entrant et sortant des narines.

Installation du capteur de saturation en oxygène : Ce capteur, également appelé oxymètre, se place généralement au bout d’un doigt. Il permet de mesurer la quantité d’oxygène dans le sang.

Fixation de l’appareil : Une fois tous les capteurs en place, ils doivent être connectés à l’appareil principal, qui peut être fixé à la ceinture ou posé à côté du patient.

Programmation de l’appareil :  elle se fait avec le professionnel de santé qui s’occupe de la pose de l’appareil. L’allumage et l’extinction se font automatiquement.

Il est recommandé d’éviter l’alcool mais de conserver tout traitement habituel (même contre l’insomnie), afin de ne pas fausser les résultats.

Polysomnographie ou polygraphie ventilatoire : quelle différence ?

La polygraphie ventilatoire et la polysomnographie sont deux examens permettant de détecter les troubles respiratoires du sommeil. Ils diffèrent par leur niveau de complexité et la précision des informations qu’ils recueillent. 

La polygraphie ventilatoire est souvent réalisée en première intention par rapport à la polysomnographie, car elle est plus simple à mettre en œuvre et moins chère. Dr Fayad

La polysomnographie est un examen plus complet qui, en plus de l’activité respiratoire, mesure également l’activité cérébrale (via un électroencéphalogramme), les mouvements oculaires, l’activité musculaire des jambes et du menton. Elle permet une étude plus complète du sommeil et est généralement réalisée en centre d’étude du sommeil. 



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