Poêles antiadhésives : des traces de composés chimiques sur certains modèles

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SI l’on en croit les fabricants de poêles antiadhésives, leurs produits ne posent aucun risque sanitaire. Ils permettraient de cuisiner sainement et de respecter l’environnement. Pour en avoir le cœur net, le magazine 60 Millions de consommateurs a soumis plusieurs modèles de poêles antiadhésives à une batterie de tests afin de vérifier leur innocuité. Les résultats sont loin d’être aussi rassurants. 

Des traces d’acide perfluorooctanoïque (PFOA)

Le magazine a mis à l’épreuve neuf modèles antiadhésifs et cinq modèles en acier en fonction de nombreux critères : l’antiadhérence, la résistance à l’abrasion, la résistance de la poignée, la distribution de la chaleur, le vieillissement, la corrosion, etc.

Nous avons ainsi découvert une migration d’acide perfluorooctanoïque (PFOA) vers les aliments dans trois poêles antiadhésives sur les neuf testées, révèle le magazine.

Et de préciser : « Au regard des très faibles teneurs repérées, cette substance n’a probablement pas été utilisée dans la fabrication des poêles, mais elle a pu être introduite de façon accidentelle lors de la conception, du conditionnement ou du transport des poêles ».

Un composé interdit en Europe

La fabrication de ce composé chimique est pourtant interdite en Europe depuis le 4 juillet 2020, de même que son utilisation dans les articles de consommation courante. L’acide perfluorooctanoïque (PFOA) est en effet au cœur de nombreuses polémiques depuis les années 90. Il peut notamment altérer le développement du fœtus, affaiblir le système immunitaire et augmenter le risque de développer des maladies cardiovasculaires, des cancers du rein ou des cancers des testicules, rappelle 60 Millions de consommateurs.

« Certains fabricants affichent ainsi la mention ‘garanti sans PFOA’ sur leurs produits. Mais, sous couvert de secret industriel, ils restent vagues sur les molécules utilisées en remplacement »

D’autres composés perfluorés découverts

Au cours de ses investigations, le magazine a également découvert trois composés perfluorés :

  • du PFHxA dans une poêle ;
  • du PFHxS dans une autre ;
  • et du PFOSA, « en cours d’évaluation en tant que substance persistante et toxique, dans trois poêles dont une pourtant dotée d’un revêtement céramique ».

Enfin, une des poêles antiadhésives libère 1,13 milligramme d’aluminium par kilo d’aliment (soit un taux inférieur au seuil recommandé de 5 mg/kg).

Des résultats qui posent question, souligne 60 Millions de consommateurs. « Il semble anormal que certains produits puissent afficher l’allégation « garanti sans PFOA » alors que nos analyses montrent qu’ils en contiennent des traces », relève le magazine. Et d’ajouter :  « Ces ustensiles de cuisson, utilisés au quotidien, sont le plus souvent dénués de toute information sur la composition de leur revêtement et sur le type de matériau utilisé« . 

Ce manque de transparence pénalise incontestablement la liberté de choix des consommateurs et occulte le risque toxique potentiel inhérent aux composants de ces ustensiles. 

L’Institut national de la consommation (INC), éditeur de 60 Millions de consommateurs, a donc décidé d’interpeller les pouvoirs publics en leur demandant de mettre en place « un étiquetage réglementairement obligatoire pour informer les consommateurs objectivement sur les matériaux utilisés pour la fabrication des ustensiles de cuisson ». Il réclame par ailleurs l’interdiction « des allégations de type ‘sans PFOAS' ».

La meilleure des poêles antiadhésives est le modèle « Healthy Ceramic » de la marque Green Chef. Selon le magazine, elle n’émettrait aucune substance potentiellement toxique. En ce qui concerne les poêles en acier, c’est le modèle « Poêle tout inox » de la marque Mathon qui remporte la palme de la meilleure poêle. Pour faire le bon choix, retrouvez plus de détails dans le numéro d’avril de 60 Millions de consommateurs.



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