Patch nicotine : lequel choisir ? où le placer ? combien de temps l’utiliser ? remboursé ?

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patch nicotine

Les patchs, ou timbres de nicotine sont de dispositifs transdermiques qui permettent l’administration de nicotine au travers de la peau, de façon contrôlée et pour une période donnée. Ils sont considérés comme des produits de santé, au sens de la directive européenne 93/42/CEE, reprise par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé (ANSM).

Leur utilisation permet de limiter le manque physique induit par la nicotine, à condition que la dose soit adaptée et qu’ils soient utilisés correctement. L’ex-fumeur (ou fumeuse) peut ainsi se concentrer sur la dépendance psychologique et comportementale. Éclairages et recommandations du Pr Daniel Thomas, cardiologue et vice-président du Comité National de lutte contre le Tabagisme (CNCT). 

Quand mettre son premier patch ?

Le patch de nicotine est le substitut nicotinique le plus prisé dans le cadre d’un sevrage tabagique, car il peut être porté jusqu’à 24 heures. Le ou la patient n’a qu’à scotché le patch sur sa peau pour recevoir une dose de nicotine de façon régulière et suffisante, et ainsi contrer les effets du manque de nicotine. Il délivre d’abord une quantité constante de nicotine à travers votre peau dans votre circulation sanguine. À force de réduire progressivement la quantité de nicotine délivrée, il permet de réduire la dépendance 

Comment se procurer des patchs ?

Les patchs nicotiniques sont accessibles en libre-service en pharmacie. Mais ils peuvent être prescrits par de nombreux professionnels de santé : médecins (y compris le médecin du travail), sages-femmes, infirmiers, chirurgiens-dentistes, masseurs-kinésithérapeutes et sage-femmes. La prescription permet de bénéficier d’un remboursement.

Définir la bonne dose de nicotine

Les substituts nicotiniques ne se limitent pas aux patchs transdermiques : selon les patients, et sauf contre-indication, ils peuvent aussi être utilisés avec de la gomme ou des pastilles à la nicotine, très utiles en cas de fortes envies de fumer. « Dans certains cas, un inhaleur peut aussi être utilisé pour pulvériser directement de la nicotine, qui sera absorbée par la muqueuse buccale », précise le Pr Daniel Thomas. Et d’insister : « Cette association permet d’ajuster au mieux la dose de nicotine absorbée chaque jour par le patient ». 

Chaque fumeur a en effet besoin d’une dose de nicotine propre, en fonction de son niveau de consommation, de son mode de consommation et à sa façon de fumer. En moyenne, on considère qu’une cigarette équivaut à un milligramme de nicotine. C’est la théorie. Mais en pratique, certains fumeurs aspirent si fort qu’ils absorbent jusqu’à 2 ou 3 milligrammes par cigarette. 

Il existe donc plusieurs types de patchs : 

  • ceux qui délivrent une quantité de nicotine de : 7 mg, 14 mg ou 21 mg, sur une durée de 24 heures (Niquitin, Nicotinell, Nicopatchlib) ;
  • et ceux qui délivrent 10 mg, 15 mg ou 25 mg, sur une durée de 16 heures (Nicoretteskin). 

Comment savoir si le dosage est adapté ? « Si le fumeur, ou la fumeuse, a toujours envie d’une cigarette après 24 à 48 h avec un patch, c’est qu’il faut revoir la posologie qui n’est pas assez concentrée. L’idéal est alors d’utiliser des substituts oraux en complément, pour parvenir au bon dosage. À l’inverse, le surdosage se caractérise par une bouche pâteuse, des palpitations, un mal au ventre, des nausées et une sensation de dégoût).

Ne pas substituer une marque de patch par une autre

Niquitin, Nicotinell, Nicopatchlib, Nicoretteskin… L’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, recommande d’éviter de changer de marque de patch au cours d’un traitement. Cela peut engendrer des effets secondaires tels que l’anxiété et les perturbations de sommeil. L’Agence recommande également d’accompagner le sevrage tabagique d’un suivi thérapeutique. 

En vidéo : Patch, gomme, ecigarette : quelle est la bonne dose de nicotine ?

En fonction du type de patch, il doit être appliqué le matin, au réveil, ou changé toutes les 24h. 

  • Le patch doit être collé sur une peau propre, sèche et non irritée (par le rasage par exemple), en évitant les plis. Décollez le film protégeant la surface adhésive avant de le coller, puis appliquez-le soigneusement en effectuant une pression sur toute sa surface pendant 10 à 20 secondes. 
  • Dans la mesure du possible, lavez-vous immédiatement les mains en cas de contact direct avec le principe actif.
  • N’oubliez pas de retirer le patch usagé au bout de 24 h (risque de surdosage). 
  • Si un patch se décolle ou tombe, remplacez-le également mieux : des squames de peau et d’autres résidus cutanés peuvent l’empêcher de recoller correctement, et gêner la diffusion de la nicotine.

Quelques précautions supplémentaires :

  • Un patch ne doit pas être découpé, sauf quand cela est précisé dans la notice (ou dans le « Résumé des Caractéristiques des Produits » disponible sur le site de l’ANSM). ; 
  • Il ne faut pas écrire sur le patch, afin d’éviter de l’endommager (cela risque de perturber la libération du principe actif) ; 
  • N’oubliez-pas de mentionner l’utilisation de patchs aux professionnels de santé lorsqu’ils vous interrogent sur la poursuite actuelle d’un traitement. Un oubli peut être à l’origine d’une interaction médicamenteuse délétère. 
  • Évitez les sources de chaleur importantes (bouillotte sur le patch, bain chaud, sauna), l’exposition prolongée au soleil (ou l’exposition de la zone « patchée » au soleil) et les activités sportives par fortes chaleurs : « une augmentation de la température du corps peut entraîner une modification de la vitesse et de la dose délivrée du principe actif à travers la peau et être à l’origine de surdosage », rappelle l’ANSM. 
  • Tenez les patchs usagés (ou non) hors de portée des enfants. Et débarrassez-vous en en les repliant sur eux-mêmes (face adhésive contre face adhésive). 
  • Dans la mesure du possible, retournez les patchs usagés en pharmacie pou destruction.

À noter : il est possible de prendre des douches et de se laver avec un patch nicotinique, mais évitez de vous savonner ou d’appliquer une lotion cosmétique à l’endroit où le patch est collé.

Où mettre le patch pour arrêter de fumer ?

Le patch peut s’appliquer sur toutes les parties du corps où il n’y a pas de poils (pour une bonne adhérence), où la peau n’est pas trop épaisse comme la plante des pieds (pour une bonne diffusion de la nicotine) et où la peau n’est pas trop fine comme la face interne des bras (pour éviter une irritation). Avant de le placer, consultez la feuille d’instructions du fabricant pour connaître les zones préconisées. « On recommande généralement de ne pas le placer chaque jour au même endroit, car la nicotine peut être agressive pour la peau », indique le Pr Thomas. Par ailleurs, mieux vaut éviter de le coller sur une zone de peau irritée, grasse, cicatrisée ou endommagée.

Existe-t-il des contre-indications ?

Certains cas de figure nécessitent des précautions : 

  • Si vous êtes enceinte, ou si vous allaitez, consultez votre médecin généraliste avant d’utiliser ces produits.
  • De même, si vous avez un problème de santé chronique (notamment des problèmes de peau), il vaut mieux informer votre médecin de votre intention d’arrêter de fumer, pour minimiser les interactions médicamenteuses potentielles, ou l’aggravation des symptômes. 

À noter : le patch de 24 heures peut provoquer des troubles du sommeil, tels que des difficultés à dormir ou des rêves inhabituellement vifs. Dans ce cas, pour éviter le risque d’insomnie, mieux vaut miser sur des patchs de 16 heures. Dans ce cas, retirez le patch quelques heures avant d’aller dormir.

Est-ce que je peux fumer avec un patch ?

Oui. « Fumer une cigarette quand on porte un patch n’est pas interdit et n’a rien de dramatique, insiste le Pr Daniel Thomas. Surtout, il ne faut pas ôter le patch pour fumer, car la nicotine continuera de toute façon de se diffuser pendant que vous fumez. Le risque, c’est que le patch adhère moins à la peau quand vous voudrez le recoller, et que l’envie de fumer remonte au créneau« . 

L’envie de fumer peut traduire un mauvais dosage du patch (addiction physique), ou juste un coup de mou passager, qui laisse place à l’addiction psychologique et comportementale. Quoi qu’il en soit, fumer une cigarette ne doit pas être considéré comme un échec : « rien ne presse », assène le vice-président du Comité National de lutte contre le Tabagisme (CNCT). 

Combien de temps faut-il garder le patch ?

Il faut compter en moyenne 3 mois d’utilisation de patch à la nicotine pour sortir de la dépendance. Certains patchs peuvent être prescrits jusqu’à 6 mois. Pour limiter un quelconque syndrome du sevrage (envies de tabac, nervosité, irritabilité, stress, maux de tête, etc), on abaisse progressivement les doses de nicotine. Cela dit, d’autres substituts nicotiniques, comme les gommes ou les comprimés peuvent être pris sur le long terme, pour contrer des envies passagères et/ou circonstancielles. 

Patch nicotine : prix, remboursement ?

L prix d’une boîte de patchs à la nicotine dépend du nombre de patchs et du dosage. En moyenne, les boîtes sont vendues entre 5 et 30 €, selon les formats et les dosages, sur prescription, ou en vente libre.

Depuis le 1er janvier 2019, les substituts nicotiniques sont remboursés à 65 % par l’Assurance Maladie et le forfait d’aide au sevrage tabagique de 150 € par an n’existe plus. Le ticket modérateur peut être pris en charge par votre complémentaire santé.

Pour plus d’informations et de conseils, contactez Tabac Info Service au 39 89



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