Opération de la presbytie : indications, déroulement, risques

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Les différents moyens de correction optique comme les lunettes et les lentilles ont pour but de modifier le trajet des rayons lumineux pour les ramener sur la rétine. C’est aussi le cas de la chirurgie réfractive, qui permet de corriger les troubles de la vision, comme la presbytie, à l’aide d’un laser.

Qu’est-ce que la presbytie ?

La presbytie commence vers 40, 45 ans.

Elle correspond à une baisse du pouvoir d’accommodation du cristallin. Progressivement, la capacité de mise au point pour la vision de près devient moins bonne, explique le Dr Jean-Jacques Saragoussi, chirurgien ophtalmologiste. Ce processus s’accroît jusqu’à l’âge de 60 ans, puis se stabilise. 

La presbytie a pour conséquence de limiter la vision nette en vision de près. Elle concerne tout le monde à partir de la quarantaine, myope et hypermétrope compris.

Une compensation mais pas une correction

« Les différentes solutions proposées aujourd’hui (lunettes, lentilles de contact et techniques de chirurgie réfractive) ont pour but, non pas de corriger, mais de compenser la presbytie », rappelle le Service d’ophtalmologie Hôpital de la Timone Marseille (source 1). En effet, la presbytie ne peut être prévenue ou retardée. Il s’agit d’un processus naturel.

Quelles sont les techniques pour compenser la presbytie ?

Il vous sera proposé plusieurs techniques : soit un échange du cristallin clair par un implant intraoculaire, soit un remodelage de la cornée.

L’opération de la presbytie au laser (techniques dites PKR et LASIK)

Le remodelage de la cornée se fait à l’aide de plusieurs techniques :

  • La technique dite LASIK (Laser in situ keratomileusis) a pour principe de modifier la forme de la cornée en réalisant une ablation localisée de l’épithélium (tissu cornéen situé à la surface de la cornée). Cette chirurgie se nomme FemtoLasik lorsque la première étape est réalisée à l’aide d’un laser Femtoseconde ;
  • La technique dite PKR (Photo Kératectomie Réfractive) se base sur l’utilisation d’un faisceau laser (laser Excimer). On l’appelle aussi laser de surface, car l’épithélium est photoablaté par le laser (la lumière laser est utilisée pour réaliser l’ablation du tissu), ce qui ne requiert pas de découpe de la cornée, contrairement au LASIK. Cette technique est indiquée lorsque le LASIK n’est pas envisageable (par exemple en cas d’irrégularité de la cornée, ou de finesse cornéenne trop importante).

La pose d’un implant à la place du cristallin (technique dite PRELEX)

« La technique dite PRELEX (PREsbyopic Lens EXchange) est l’application, à la correction de la presbytie (et d’une éventuelle hypermétropie ou myopie associée), des techniques de chirurgie de la cataracte par implantation multifocale », explique le Syndicat national des ophtalmologistes de France (SNOF) (source 2).

« Concrètement, il s’agit de remplacer le cristallin presbyte par un implant multifocal permettant la correction de la vision de loin et la récupération d’une pseudo accommodation ».

Opération de la presbytie : pour qui ? Et à quel âge ?

Lorsque les premiers symptômes de la presbytie se manifestent, on va prescrire le port de lunettes ou de lentilles. Mais il est également possible d’avoir recours à une opération au laser. La chirurgie s’adresse donc surtout aux personnes souhaitant vivre au quotidien sans lunettes ni lentilles.

Peu d’indications de traitement au laser après 60 ans

« Les personnes entre 45 ans et 60 ans découvrent ce trouble alors qu’elles sont encore actives professionnellement. Comme elles sont de plus en plus gênées, elles sont assez demandeuses de cette chirurgie », observe le Dr Saragoussi, qui considère toutefois qu’après 60 ans, les indications du laser deviennent rares, car d’autres pathologies de l’œil peuvent survenir. « Lorsqu’apparaît la cataracte, on préfère la chirurgie du cristallin ».

Le choix de la technique utilisée dépend donc de plusieurs critères : âge du patient, degré de presbytie, transparence du cristallin, autres troubles de la réfraction de l’œil…

La pose d’un implant multifocal s’adresse plus particulièrement aux personnes presbytes de plus de 50 ans, a fortiori s’il existe un trouble de la réfraction associé, hypermétropie surtout, éventuellement myopie.

Il existe des contre-indications

Il existe toutefois certaines contre-indications à la chirurgie au laser :

  • Anatomiques : la cornée ne doit pas être trop mince ;
  • Médicales : antécédent de décollement de rétine, rétinopathie diabétique, sécheresse oculaire compliquée d’ulcération de la cornée ou de la conjonctive.

Que peut-on espérer en se faisant opérer de la presbytie ?

L’opération ne restaure pas une vision parfaite de loin et de près. Elle est plutôt un compromis entre la vision de loin et la vision de près. Elle compense, mais ne corrige pas la presbytie.

Aucune technique chirurgicale ne permet de reconstituer un pouvoir d’accommodation, concède le Dr Saragoussi. Ce que l’on recherche, c’est un artifice qui consiste à créer de la profondeur de champ, c’est-à-dire un espace plus ou moins profond dans lequel la vision est nette sans avoir besoin de faire intervenir le pouvoir d’accommodation.

« Cette technique opératoire ne vous rend pas la vision de vos 20 ans mais vous permet de vivre sans lunettes ni lentilles de contact dans l’immense majorité des activités quotidiennes (lire une carte de restaurant, un numéro ou un SMS sur le téléphone portable, travailler sur ordinateur, se maquiller, conduire, pratiquer des sports…). Pour des travaux prolongés de lecture et des travaux extrêmement minutieux, une lunette d’appoint de vision de près peut s’avérer utile. Au même titre que pour de très longs trajets de conduite », note le Service d’ophtalmologie Hôpital de la Timone Marseille.

Comment se déroule la chirurgie de la presbytie ?

Le déroulement de l’intervention dépend du type de technique choisi :

La chirurgie au laser

« Elle se pratique sous anesthésie topique (gouttes anesthésiques dans l’œil). Elle est réalisée sans hospitalisation. Vous serez allongé sur une table d’opération, la tête bloquée et fixée. Les paupières seront maintenues ouvertes par un écarteur à paupières tout au long de l’intervention. Vous devrez fixer un spot vert fixé au-dessus de vous. Votre chirurgien tous expliquera à nouveau ces petits détails pendant l’intervention », explique le Service d’ophtalmologie Hôpital de la Timone Marseille. L’intervention est peu douloureuse et rapide.

La pose d’un implant multifocal

Elle est effectuée sous anesthésie locale ou topique, au bloc opératoire, en ambulatoire. « Il n’y a pas d’hospitalisation et le patient peut quitter la clinique sans pansement oculaire après un séjour de quelques heures. Le geste chirurgical est très court et s’apparente à une chirurgie de cataracte (ainsi, le patient opéré ne pourra plus ultérieurement présenter de cataracte) », note le SNOF.

Opération de la presbytie : quelles sont les complications possibles ?

Quels effets secondaires possibles ?

En postopératoire, il peut apparaître des problèmes subjectifs de qualité de la vision :

  • Baisse de résistance à l’éblouissement (phares de voiture) ;
  • Impression de vision « irisée » (gêne en vision nocturne) ;
  • Perception de halos lumineux autour des lumières (notamment la nuit) ;
  • Picotements, sensation de sable, sécheresse ou larmoiement brutal ;
  • Abaissement des paupières, qui reste exceptionnel.

« Ces problèmes sont en majorité bien tolérés et souvent réversibles en quelques semaines à quelques mois », rassure le Service d’ophtalmologie Hôpital de la Timone Marseille. Les picotements, sensation de sable, sécheresse ou larmoiement brutal nécessitent parfois l’utilisation de collyres lubrifiants pour une durée pouvant aller jusqu’à un an.

Opération de la presbytie : quelles complications possibles ?

Bien que considérablement réduit avec le laser femtoseconde, le principal inconvénient du LASIK réside dans la découpe du volet cornéen qui peut induire des complications spécifiques (altérations de forme et de transparence de la cornée).

« La sur-correction, la sous-correction ou la survenue d’un astigmatisme sont des événements possibles qui peuvent motiver un traitement complémentaire dans un délai de 3 mois, ou le port de lunettes ou lentilles d’appoint », note également le Service d’ophtalmologie Hôpital de la Timone Marseille.

Les complications pendant l’intervention existent mais sont très rares : dysfonctionnement du laser, décentrement de l’ablation laser, incident de découpe lamellaire…

Les complications postopératoires sont également rarissimes (infection de la cornée, complications propres au LASIK telles qu’inflammation de l’interface lamellaire ou invasion épithéliale…).

Quelles sont les suites postopératoires ? Et les résultats ?

Même si globalement la chirurgie réfractive donne un très fort pourcentage de réussite (supérieur à 95 %), le résultat recherché ne peut jamais être garanti, car il dépend du phénomène de cicatrisation qui est propre à chaque individu, note le Service d’ophtalmologie Hôpital de la Timone Marseille.

De manière générale, après l’intervention, la récupération visuelle est rapide en vision de près. L’acuité visuelle peut différer d’un œil à l’autre selon la technique utilisée. La vision de loin quant à elle est altérée momentanément du fait de la cicatrisation, rapporte le Service d’ophtalmologie de l’Hôpital de la Timone. « Cette gêne est transitoire et variable. Elle peut être accompagnée d’une diminution de la sensibilité au contraste. Elle peut durer de 1 à 4 mois selon le processus de cicatrisation plus ou moins rapide du patient ».

Après toute chirurgie au laser Excimer, le port de verres filtrant les ultraviolets est nécessaire pendant plusieurs mois en cas d’exposition solaire.

Faut-il des « retouches » après l’intervention ?

« À la fin de la phase de cicatrisation, la vision de près et la vision de loin vous permettront de vivre au quotidien sans lunettes ni lentilles pour une durée variant selon l’évolution du vieillissement de l’œil, qui est propre à chaque patient. Passé ce délai, vous aurez le choix d’entretenir le traitement par une retouche pratiquée par votre chirurgien ophtalmologiste pour retrouver à nouveau un confort en vision de près ou alors reporter des lunettes ou des lentilles de contact si vous le souhaitez », indique le Service d’ophtalmologie de l’Hôpital de la Timone.

Tout en précisant que « retrouver une vision nette de près durable nécessite l’acceptation de perdre un léger confort en vision lointaine. Par exemple, la lecture des panneaux de localisation sur l’autoroute peut dépendre de la distance. De manière générale, vous devez réadapter vos habitudes de distances en vision de près comme en vision intermédiaire suite à l’opération ».



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