Mégalophobie : qu’est-ce que c’est ? Comment s’en sortir ?

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megalophobie peur de ce qui est grand

Gratte-ciel, avions, grues, montagnes… La mégalophobie se caractérise par la peur irrationnelle de tout ce qui paraît de grande taille. Les personnes qui en souffrent peuvent être prises de panique à l’idée de se retrouver face à de grands – ou d’anormalement grands – objets. Cette phobie peut ainsi devenir très limitante au quotidien, et déclencher un sentiment de honte. Franchir la porte d’un professionnel peut parfois aider à dépasser cette phobie des « grandes choses ». 

Définition : qu’est-ce que la mégalophobie ?

On pourrait presque parler de folie des grandeurs. La mégalophobie désigne la phobie des objets et des « choses » qui peuvent sembler anormalement grandes et grosses dans un environnement donné, comme la photo agrandie d’un aliment sur un panneau publicitaire, ou un paquebot amarré au port. 

Peur d’être happé dans l’extrêmement grand et de se perdre dans l’immensité, peur de s’écraser… Les angoisses peuvent prendre différentes formes et devenir très handicapante au jour le jour. Certaines personnes préfèrent par exemple rester chez elles, dans un lieu qu’elles considèrent paisible et sécurisant, pour éviter la vue d’un immeuble trop haut, d’une voiture trop imposante ou d’un panneau publicitaire disproportionné. 

Quel type d’objets sont craints ?

Les personnes atteintes de mégalophobie peuvent craindre tout ce qui paraît beaucoup plus grand qu’eux. Cela peut inclure : 

  • des bateaux,
  • des avions,
  • des gratte-ciel, 
  • des statues immenses,
  • de hauts instruments de chantier, 
  • de grands reliefs naturels, 
  • de grands animaux, 
  • etc. 

À noter : certains objets peuvent aussi paraître anormalement gros dans un contexte et un environnement spécifiques. 

Une enquête parue en 2018 dans la revue The Lancet (source 1) indique que les phobies dites « spécifiques » (associées à un objet ou à une situation particulière) touchent entre 3 et 15 % de la population mondiale. La plupart de ces phobies sont toutefois liées aux animaux et à la peur des hauteurs. L’incidence de la mégalophobie semble donc relativement faible. 

Causes : d’où vient la mégalophobie ?

Par définition, la mégalophobie est une peur irrationnelle. Il est donc difficile de déterminer précisément une – ou plusieurs causes permettant de l’expliquer.

Comme beaucoup d’autres phobies, ou troubles anxieux, elle serait liée à un comportement acquis suite à un évènement traumatique – ou vécu comme tel – survenu dans l’enfance ou à l’âge adulte. Par exemple, lorsqu’un enfant se perd dans un centre commercial, il peut, en grandissant, développer une angoisse à l’idée de pénétrer dans un immense bâtiment de plusieurs milliers de mètres carrés.

Mais, comme dans toute phobie, il y a rarement un seul facteur en cause. Certains suggèrent aussi que la mégalophobie pourrait avoir une composante biologique et serait liée à un instinct de survie enfoui depuis dans nos gènes. 

Comment se manifeste cette phobie des grands objets ?

Selon le DSM-5, pour diagnostiquer ce trouble anxieux, le (ou la) patient(e) doit présenter plusieurs des caractéristiques suivantes :

  • une peur ou anxiété intense en présence de très gros objets
  • l’anxiété ou la peur surviennent presque toujours immédiatement
  • la personne évite activement les situations impliquant de gros objets ; 
  • une gêne cliniquement significative est ressentie et interfère avec la vie quotidienne (travail, études, amis, etc) ;
  • Enfin, le trouble ne peut pas être mieux expliqué par une autre maladie. 

Les personnes atteintes de mégalophobie peuvent ressentir une multitude de symptômes physiques à l’origine de stratégies d’évitement pouvant pousser à l’isolement préventif : 

  • un inconfort et du stress face à quelque chose de grand ; 
  • des tremblements et des palpitations incontrôlables ; 
  • une hyper-sudation au niveau des mains (et d’autres parties du corps) ;
  • des maux d’estomac et des nausées ; 
  • des palpitations cardiaques ; 
  • une hyperventilation et un essoufflement ; 
  • des douleurs à la poitrine ; 
  • des vertiges ; 
  • des crises de panique ; 
  • etc. 

Les personnes victimes de mégalophobie ont parfois tellement honte de leur comportement irrationnel qu’elles renoncent à se faire soigner. Mais la mégalophobie n’est pas une fatalité. Il existe plusieurs types de prises en charge en fonction de l’individu et de la gravité de ses symptômes. Un professionnel pour vous orienter vers : 

  • une thérapie cognitivo- comportementale (TCC), qui associe l’exposition à la peur et la mise à distance des pensées paralysantes par des techniques de relaxation et pleine conscience. On expose ainsi progressivement le (ou la) patient(e) à ce qui lui fait peur.
  • une psychanalyse, qui permettra au patient (à la patiente) d’explorer son inconscient pour identifier et décortiquer les origines de sa peur panique ; 
  • une hypnothérapie, pour plonger le (ou la) patient(e) dans un état de conscience modifié afin d’influer et de travailler sur la perception ; 
  • dans certains cas, un traitement médicamenteux (anxiolytiques) pourra aussi être recommandé dans le traitement de la mégalophobie. Objectif : réduire les symptômes physiques de l’anxiété et les pensées intrusives négatives. 

Que faire si je pense être mégalophobe  ?

Si vous pensez être en proie à la mégalophobie, n’hésitez pas à en parler à votre entourage. Si ce mal commence à vous restreindre dans votre vie professionnelle, familiale, amicale, etc, n’hésitez pas à consulter un professionnel de la santé mentale pour mettre en place des solutions adaptées.



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