Loi anti-IVG aux États-Unis : cette conséquence méconnue pour certaines grossesses désirées

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Le 24 juin dernier, la Cour suprême des États-Unis a annoncé qu’elle annulait l’arrêt Roe v. Wade relatif à l’avortement aux États-Unis. En clair, chaque Etat américain va désormais pouvoir statuer sur le droit à l’avortement, ou interruption volontaire de grossesse (IVG).

Pour les femmes ne souhaitant pas mener à bien leur grossesse, c’est évidemment un drame, qui risque de conduire à de nombreux décès du fait d’avortements clandestins. Mais ce que l’on sait moins, c’est que ce revirement risque aussi de mettre en danger la vie de femmes enceintes qui souhaitent mener leur grossesse à terme.

En effet, dans le cadre d’aide médical à la procréation, ou procréation médicalement assistée (PMA), il arrive qu’il faille recourir à un avortement dit “sélectif”, pour protéger la santé de la mère et des bébés à naître.

Nos confrères de la chaîne américaine CNN (Source 1) ont ainsi recueilli les témoignages de femmes ayant dû se résoudre à faire un avortement sélectif pour espérer devenir mamans. Les procédures de fécondation in vitro, lors desquelles des embryons sont créés en laboratoire grâce à la rencontre d’ovules avec des spermatozoïdes, incluent souvent le transfert de plusieurs embryons viables au sein de l’utérus des patientes. Le but étant d’augmenter les chances que l’un d’entre eux s’accroche. De fait, il arrive parfois que plusieurs embryons s’implantent. Si les grossesse gémellaires ne posent généralement pas trop de problème, les grossesses multiples sont plus problématiques et menacent future maman et futurs bébés. En présence de trois ou quatre embryons, et pour que la grossesse se passe au mieux, l’équipe médicale recommande généralement d’avoir recours à une réduction embryonnaire, pratique consistant à provoquer la mort d’un ou de plusieurs embryons, sans menacer la vie des autres.

“Si ces lois étaient entrées en vigueur [à l’époque et] si j’étais dans un état qui n’était pas protégé, je ne serais pas mère ou je serais morte”, a ainsi déclaré Saron McRae, à CNN.

J’aurais peut-être été empêché d’avoir un curetage, et peut-être pénalisé pour avoir fait des fausses couches”, a ajouté celle qui est désormais mère deux trois enfants, dont deux jumelles issues d’une FIV avec transfert de 4 embryons et réduction embryonnaire.

Cette décision anti-IVG pourrait aussi avoir de très fâcheuses conséquences en cas de grossesse extra-utérine, lorsque l’embryon s’implante ailleurs que dans la cavité utérine. La plupart du temps, l’embryon ne parvient pas à se développer correctement, et la grossesse s’arrête. Le mieux étant de l’arrêter au plus tôt pour éviter les complications. Les États hostiles à l’avortement vont-ils permettre aux femmes d’interrompre ces grossesses non viables ?



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