Les politiques vivraient généralement plus longtemps que la population générale

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Pour vivre vieux…Faites de la politique !  Ce slogan peut porter à sourire, et pourtant. Selon une nouvelle étude scientifique parue ce 23 juin dans l’European Journal of Epidemiology (Source 1), les personnes engagées en politique auraient un avantage de survie considérable par rapport à la population générale. 

Menée par des chercheurs de l’université d’Oxford (Royaume-Uni), l’étude a été conduite sur la base d’informations provenant de 11 pays (plusieurs pays d’Europe dont la France, ainsi que l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis) et de 57 561 politiciens et politiciennes. Pour chaque pays, les données étaient disponibles entre 1945 et 2014, mais l’analyse complète allait de 1816 à 2017. La proportion de femmes politiques variait de 3 à 21%.

Chaque personnalité politique a été liée aux données de mortalité de la même catégorie de population nationale (selon l’âge, le sexe et le pays), à titre de comparaison.

Tels sont les principaux résultats, édifiants : 

  • dans presque tous les pays, les politiciens avaient des taux de mortalité similaires à ceux de la population générale à la fin du 19e et au début du 20e siècle ;
  • tout au long du 20e siècle, les différences de taux de mortalité se sont considérablement creusées dans tous les pays, de sorte que les politiciens avaient un avantage de survie croissant sur la population générale ;
  • des variations considérables entre les pays ont été observées dans l’étendue de cet avantage de survie
  • dans plusieurs pays, l’avantage de survie des politiciens est actuellement à son plus haut niveau depuis 150 ans, similaire à celui observé au milieu du 19e siècle ;
  • l’écart d’espérance de vie à 45 ans entre les politiciens et la population générale s’est considérablement accru au cours de la seconde moitié du 20e siècle. De sorte qu’actuellement, les écarts d’espérance de vie vont d’environ 3 ans en Suisse à 7 ans aux États-Unis.

Salaires et modes de vie différents

Pour expliquer ce fossé entre les politiques et la population générale, les auteurs de l’étude avancent plusieurs facteurs. Il y a bien-sûr le salaire, qui s’avère souvent au dessus de la moyenne nationale chez les personnalités politiques. Les habitudes de vie seraient également en jeu (alimentation, tabagisme…), tout comme le recours à des infrastructures de santé. Les élus seraient ainsi plus susceptibles de bénéficier d’un meilleur suivi médical que la majorité de leurs compatriotes. 

“Notre étude est la plus importante à ce jour pour comparer le taux de mortalité et l’espérance de vie des politiciens avec ceux de la population générale appariée selon l’âge et le sexe”, a commenté le Dr Laurence Roope, principale auteure de l’étude, dans un communiqué (Source 2). “Ces résultats montrent que l’avantage de survie des hommes politiques est aujourd’hui très élevé par rapport à celui observé dans la première moitié du 20e siècle. Il est intéressant de noter que les écarts de mortalité que nous documentons ont généralement commencé à augmenter un demi-siècle plus tôt que les hausses des inégalités salariales, à partir des années 1980”, a-t-elle ajouté. Au vu de ces données, la réduction des inégalités en matière d’accès aux soins semble être une priorité pour combler les écarts existants entre les élites et la population, soulignent les auteurs. 



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