Les adolescents ont du mal à repérer les fake news sanitaires- et c’est un problème !

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Ce sont bien souvent les plus connecté.e.s… Et pourtant. D’après une étude récemment parue dans la revue Frontiers in Psychology (source 1), les adolescent.e.s ont de grandes difficultés à faire la différence entre les vraies et les fausses informations de santé qui circulent en ligne. Nombre d’entre eux accordent en effet la même confiance aux fake news qu’aux informations sourcées et vérifiées. Un constat pris très au sérieux, tant les fausses informations sanitaires peuvent être dangereuses. 

Les adolescent.e.s ne sont pas si imperméables à la désinformation

L’équipe de chercheurs de l’université Comenius de Bratislava (Slovaquie) est partie d’un constat simple : « Il y a eu une explosion de désinformation dans le domaine de la santé pendant la pandémie de Covid-19 ». La plupart des recherches sur la crédibilité des messages se sont concentrées sur les adultes. Ils ont donc décidé d’étudier la perception de la fiabilité des informations par les adolescent.e.s.

Pour ce faire, le Dr Radomír Masaryk et son équipe ont recruté 300 jeunes âgé.e.s de 16 à 19 ans, puis leur ont présenté sept messages sur les effets bénéfiques pour la santé de différents fruits et légumes. Certains étaient faux, d’autres vrais, mais neutres, et d’autres étaient vrais, mais comportaient des éléments éditoriaux comme des fautes de grammaire, des superlatifs, l’usage de caractères en gras, etc. Les participants ont ensuite dû évaluer la fiabilité de chaque message. 

Résultats ? 48 % des participants ont fait davantage confiance aux vrais messages de santé neutres plutôt qu’aux fausses informations. Mais 41 % des participants ont considéré que les faux et les vrais messages neutres étaient tout aussi dignes de confiance et 11 % ont estimé que les vrais messages de santé neutres étaient moins fiables que les faux messages de santé.

Comme les adolescents sont des utilisateurs réguliers d’Internet, nous nous attendons généralement à ce qu’ils sachent déjà comment aborder et évaluer les informations en ligne, mais cela semble être le contraire, a commenté le Dr Radomír Masaryk.

Les chercheurs ont pu constater que les éléments éditoriaux n’étaient pas toujours bien interprétés par les adolescent.e.s : « Une mauvaise rédaction des messages de santé n’était pas perçue comme un signe de faible fiabilité », indiquent-ils. Lorsque les messages de santé semblent être plausibles, les éléments éditoriaux n’influencent pas l’analyse des jeunes concernant la fiabilité de l’information. « La seule version d’un message de santé qui était significativement moins fiable par rapport à un vrai message de santé était un message avec un titre de clickbait (racoleur ou attrape-clic, ndlr) », souligne le Dr Masaryk. 

Quelles conséquences pour les jeunes internautes ?

D’après les auteurs de l’étude, ces résultats illustrent l’urgence de mieux former et informer les adolescent.e.s aux pratiques du web, pour qu’ils aient les bons réflexes lorsqu’ils naviguent sur internet. Non seulement, il faudrait accentuer la formation en littérature scientifique, mais il faudrait aussi améliorer les capacités de décryptage et de raisonnement des jeunes. 

La pensée analytique et le raisonnement scientifique sont des compétences qui aident à distinguer le vrai du faux en matière de santé, insiste le Dr Masaryk. 

Ces compétences sont primordiales à l’heure où les fausses informations en matière de santé sont très répandues sur le net, car, comme le rappellent les auteurs, les informations erronées peuvent être dangereuses. Elles peuvent induire : 

  • de mauvais choix en matière de santé
  • des comportements à risque
  • et / ou une perte de confiance en l’expertise des professionnels de santé et des autorités sanitaires. 



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