Le syndrome du gros bras

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Le syndrome du gros bras, un lymphœdème du membre supérieur

Le syndrome du gros bras est une forme delymphœdème secondaire au niveau d’un bras.

« Un lymphœdème est un gonflement d’un membre, il peut être dû à une malformation du réseau lymphatique (lymphœdème primitif) ou à une interruption des vaisseaux lymphatiques acquise (lymphœdème secondaire) », souligne le docteur Didier Bourgeois cancérologue. Le lymphœdème secondaire peut avoir différentes causes : des traitements locaux ou chirurgicaux, une tumeur, un traumatisme… 

Dans le syndrome du gros bras, la lymphe ne circule plus correctement. « Mais contrairement à ce que nous pourrions penser ce n’est pas la lymphe et la rétention d’eau qui font que le bras augmente autant en volume. Le mauvais fonctionnement du réseau lymphatique engendre une accumulation de graisses dans les tissus à l’origine du gros bras », souligne l’expert.

Cette maladie est la conséquence des traitements de certains traitements locaux du cancer du sein : curage axillaire, exérèse ganglionnaire ou encore radiothérapie. « Environ 8% des femmes qui suivront ces traitements développeront la maladie. Aujourd’hui, si nous pouvons éviter une chirurgie ganglionnaire ou la réduire à un seul ganglion sentinelle, nous le faisons afin d’éviter une prise de risque inutile de lymphœdème », selon le spécialiste. 

C’est donc le bras qui se trouve du côté du sein affecté qui peut se mettre à gonfler. L’apparition du « gros bras » est souvent tardive et peut survenir  plusieurs semaines, mois ou années après les traitements. « Certaines patientes présentent ce gonflement parfois 30 ans après les traitements !  » prévient le docteur Didier Bourgeois. 

Image : dessin d’un syndrome du gros bras

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© seamartini

Quels sont les symptômes du syndrome du gros bras ?

Dans la grande majorité des cas, les symptômes du gros bras vont se développer des semaines, des mois voire des années après la guérison de la tumeur. Il est recommandé d’être attentive et de surveiller l’évolution de son bras. « Lorsqu’une patiente me contacte en période de rémission et me décrit au téléphone un gonflement du bras, j’ai déjà une idée précise du diagnostic… », regrette le cancérologue. 

Il arrive que tout le bras ainsi que la main se mettent à gonfler. Parfois, c’est uniquement la main ou l’avant-bras ou encore le bras. La sévérité du gonflement est variable. Il est rarement grave. Néanmoins, il arrive que le bras devienne vraiment gros avec une asymétrie qui peut être gênante sur le plan esthétique.  » Mais ce n’est pas cela qui embarrasse le plus les patientes qui se plaignent de la sensation de lourdeur, de bras mort… », raconte le docteur Didier Bourgeois. 

En effet, d’autres symptômes « invisibles » sont associés : 

  • Une sensation de lourdeur/ pesanteur dans le bras. Le lymphœdème est rarement douloureux ; 
  • Un épaissement de la peau qui devient plus dure (comparable à celle d’un éléphant) ; 
  • Une perte de la mobilité du bras et de la main : « lorsque c’est le bras droit pour une droitière, c’est invalidant. Certaines femmes ne peuvent pus travailler », souligne le médecin. 
  • L’impossibilité de porter ses vêtements et ses bijoux qui deviennent trop serrés.  

Parfois, les symptômes peuvent régresser naturellement dans les mois qui suivent leur apparition. « Néanmoins, le syndrome du gros bras ne régresse jamais totalement, devenant une véritable maladie chronique », déplore le docteur Didier Bourgeois. 

Image : différents stades du syndrome du gros bras

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© ©NatBasil

Quelles sont les causes du syndrome du gros bras ?

Le syndrome du gros bras est une forme de lymphœdème secondaire.

Il est la conséquence des traitements locaux du cancer du sein chez la femme à savoir : un curetage axillaire, l’exérèse ganglionnaire ou la radiothérapie. L’association de plusieurs de ces traitements augmente les risques. Par exemple une chirurgie suivie d’une radiothérapie. 

Le gonflement est lié à un blocage de la circulation de la lymphe. L’interruption du système lymphatique stimule les cellules adipeuses qui vont augmenter leur production de graisse. En outre, l’activité des cellules de l’épiderme va aussi augmenter ce qui explique l’aspect plus épais de la peau. « Un des facteurs favorisant le syndrome de gros bras est le surpoids et l’obésité. Il est donc recommandé de perdre du poids si la femme présente un IMC au dessus de la normal », recommande le cancérologue. 

Syndrome du gros bras : conséquences et complications

Le syndrome du gros bras peut entraîner une gêne fonctionnelle, une diminution de la mobilité ainsi qu’un complexe d’ordre esthétique.  

Certaines complications sont possibles : 

  • Une infection des vaisseaux lymphatiques (lymphangite) peut se développer, le plus souvent lorsque les bactéries pénètrent par des fissures cutanées des espaces interdigitaux des mains. Une lymphangite est presque toujours secondaire à une infection bactérienne streptococcique, entraînant un érysipèle; il est parfois staphylococcique. Des antibiotiques sont nécessaires. 
  • Un lymphœdème peut conduire à une forme de cancer rare : le lymphangiosarcome  chez des patientes qui ont eu une chirurgie ablative du sein (mastectomie).  » Cette situation est néanmoins exceptionnelle », d’après l’oncologue. 

Comment est fait le diagnostic ?

Le diagnostic du syndrome du gros bas est clinique. Le médecin mesure les bras et les mains et constate une différence de quelques centimètres entre ces mesures ou un changement important dans le volume du bras. Des investigations techniques peuvent affiner les stades. 

Quels sont les traitements du syndrome du gros bras ?

Il n’existe pas de solution pour faire disparaître totalement le syndrome du gros bras. 
Des dispositifs de compression peuvent permettre une nette amélioration de la situation : 

  • Le manchon de contention se porte tout le temps et doit être changé tous les trois/quatre mois environ car ses capacités techniques diminuent au fil du temps. 
  • Les bandages de compression se portent pendant deux à trois semaines 24 heures sur 24. Ils sont posé par un kinésithérapeute. 

Le drainage manuel lymphatique, les massages et les exercices du membre peuvent aussi être efficace. Il est réalisé par un kinésithérapeute associé au port de bandages de compression. 

Une bonne hygiène et hydratation de la peau sont indispensables. 

Des techniques microchirurgicales et greffes de ganglions lymphatiques sont de plus en plus réalisées. « Il est possible de mesurer la gravité de l’atteinte du système lymphatique grâce à des techniques comme  lymphoscintigraphie ou la lympho IRM. En fonction de la sévérité, il est possible de prélever des ganglions sur une autre région du corps et de les greffer sous le bras pour restaurer la circulation lymphatique », selon le docteur Didier Bourgeois. 

 Dans les cas plus graves, laliposuccion sera effectuée mais c’est une option de dernier choix. « La lipoaspiration permet de réduire le volume du bras mais n’est pas un traitement de fond. Le gras se réinstallera toujours », prévient l’expert. 

Comment prévenir le syndrome du gros bras ?

Il n’est pas possible de prévoir ou d’empêcher l’apparition du syndrome du gros bras. « Néanmoins, une perte de poids en cas de surpoids ou d’obésité dans un contexte de prise en charge d’un cancer du sein est fortement recommandée », conseille le docteur Didier Bourgeois. 

En cas de syndrome du gros bras, il est recommandé d’éviter : 

  • la chaleur ;
  • les activités physiques intenses
  • les vêtements et les bijoux serrés
  • les injections intraveineuses (prises de sang, vaccins) ou la pose de cathéter sur le membre supérieur etc. 

Les soins de la peau et des ongles nécessitent une attention minutieuse.  



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