Hypertension chez la femme : des produits chimiques persistants seraient en cause

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Voilà une maladie de plus à ajouter à la longue liste des méfaits des produits chimiques persistants, aussi appelés perfluorés ou substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS). Déjà accusés de nuire au système cardiovasculaire, d’induire un stress oxydatif ou encore d’entraîner du cholestérol, ces PFAS pourraient augmenter le risque d’hypertension artérielle, selon une nouvelle étude parue dans la revue Hypertension de l’American Heart Association (Source 1).

Appelés “forever chemicals” en anglais, que l’on pourrait traduire par “produits chimiques éternels”, les PFAS sont utilisés dans l’industrie. On en retrouve notamment dans certains produits de beauté et d’hygiène, dans les revêtements antiadhésifs des ustensiles de cuisine, les emballages alimentaires ou encore dans les tissus d’ameublement. Hélas, ils persistent dans l’environnement et pénètrent également dans la chaîne alimentaire via les poissons et les produits laitiers, par le biais d’engrais contaminés. Sols, eaux, air… Tous les milieux sont concernés par cette pollution invisible.

Ces polluants, un facteur de risque sous-estimé ?

Les femmes semblent être particulièrement vulnérables lorsqu’elles sont exposées à ces produits chimiques”, a déclaré Ning Ding, auteure principale de l’étude et chercheuse au département d’épidémiologie de l’École de santé publique de l’Université du Michigan (États-Unis). “Notre étude est la première à examiner l’association entre ces ‘produits chimiques éternels’ et l’hypertension chez les femmes d’âge moyen. Cette exposition pourrait être un facteur de risque sous-estimé pour le risque de maladie cardiovasculaire chez les femmes”, a-t-elle ajouté.

L’étude a été menée auprès de plus de 1 000 femmes âgées de 45 à 56 ans qui avaient une tension artérielle normale au moment de leur inscription à l’étude. Les concentrations sanguines de perfluorés ont été mesurées au début de l’étude, puis toutes les participantes ont été suivies annuellement de 1999 à 2017.

Au total, 470 femmes ont développé une hypertension artérielle. Par rapport au tercile le plus bas, les femmes présentant des concentrations plus élevées de PFAS étaient plus susceptibles de développer une hypertension artérielle : les femmes présentant les concentrations les plus élevées d’acide perfluorooctane sulfonique (PFOS), d’acide perfluorooctanoïque (APFO) et de 2-(N-éthyl-perfluorooctane sulfonamido) acétique (ou EtFOSAA, un précurseur du PFOS) avaient respectivement 42%, 47% et 42% de risque en plus de développer une hypertension artérielle, par rapport aux femmes ayant les concentrations les plus faibles en PFAS.

Quant aux femmes ayant les concentrations les plus élevées des sept PFAS examinés ici avaient un risque accru de 71% de développer une hypertension artérielle.

“Il est important de noter que nous avons examiné des PFAS individuellement ainsi que plusieurs PFAS ensemble, et nous avons constaté que l’exposition combinée à plusieurs PFAS avait un effet plus fort sur la tension artérielle”, a commenté Sung Kyun Park, co-auteur de l’étude.

Nous savons depuis un certain temps que les PFAS perturbent le métabolisme du corps, mais nous ne nous attendions pas à la force de l’association que nous avons trouvée. Nous espérons que ces résultats alertent les professionnels de santé quant à l’importance des perfluorés et de comprendre et reconnaître [l’exposition à ces substances] comme un facteur de risque potentiel important pour le contrôle de la pression artérielle”, a conclu le chercheur, qui invite par ailleurs les autorités politiques à prendre des mesures pour limiter l’usage de ces substances.



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