Hypersomnies : définition, symptômes, causes, risques, solutions

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L’hypersomnie est un trouble caractérisé par un besoin excessif de sommeil. Les personnes qui en souffrent sont en proie à une somnolence excessive durant la journée, qui a un retentissement très invalidant sur leur quotidien : épuisement permanent, difficultés à se concentrer, complications en milieu professionnel, impossibilité de conduire, etc. Ce trouble du sommeil peut avoir de nombreuses causes, dont le manque de sommeil, ou encore certaines maladies. Il existe également une forme rare d’hypersomnie, dont l’origine est inconnue.

On distingue généralement deux types d’hypersomnie : 

  • l’hypersomnie secondaire, la plus fréquente, causée par divers facteurs favorisants ou une pathologie
  • et l’hypersomnie primaire, aussi dite « centrale », qui inclut l’hypersomnie idiopathique, le syndrome de Kleine-Levin et la narcolepsie et dont l’origine est beaucoup plus difficile à établir.

Quand parler d’hypersomnie secondaire ?

L’hypersomnie secondaire est la forme d’hypersomnie la plus courante. Elle peut survenir à n’importe quel âge, mais touche davantage les jeunes adultes. Le plus souvent, elle est liée à un déficit de sommeil important ou à un épuisement physique. Elle peut aussi être associée à d’autres pathologies du sommeil, comme l’apnée du sommeil, ou à d’autres maladies d’origine psychiatrique (dépression), neurologique (traumatisme, neurodégénérescence, etc), infectieuse (virus Epstein-Barr, syndrome de Guillain-Barré, etc), endocrinienne ou métabolique (hypothyroïdie, diabète, insuffisance rénale ou pancréatique…). Dans certains cas, les symptômes se manifestent suite à la prise de substances comme des solvants organiques toxiques, des médicaments hypnotiques ou sédatifs. 

Quand parler d’hypersomnie primaire ?

Dans certains cas, l’hypersomnie persiste en l’absence de facteurs favorisants comme le manque de sommeil, ou de maladie spécifique. On parle alors d’hypersomnie primaire, ou d’hypersomnie centrale. « Du fait de leur rareté, elles sont souvent sous-diagnostiquées« , souligne le Dr Pascale Ogrizek, médecin spécialiste du sommeil. Il existe plusieurs types d’hypersomnie primaire : 

L’hypersomnie récurrente, ou syndrome de Kleine-Levin

L’hypersomnie récurrente, ou syndrome de Kleine-Levin est une pathologie neurologique qui se traduit par :

  • des épisodes d’hypersomnie de 15 à 21 heures de sommeil qui persistent pendant huit à quinze jours,
  • des troubles cognitivo-comportementaux (apathie, confusion, impression de déréalisation, etc)
  • des troubles passagers du comportement peuvent aussi se manifester : hyperphagie, troubles de l’humeur (tristesse, angoisse…), hypersexualité avec désinhibition, etc. 

Ces épisodes se déclarent souvent à l’adolescence et se produisent trois à quatre fois par an. Le reste du temps, les patient.e.s ne présentent ni hypersomnie, ni troubles cognitivo-comportementaux. Et les années passant, les épisodes sont de moins en moins fréquents et intenses. 

L’hypersomnie idiopathique

L’hypersomnie idiopathique est une maladie rare, d’origine inconnue, caractérisée par une somnolence diurne incontrôlable, excessive et peu reposante. Elle survient généralement à l’âge adulte. Les personnes qui en souffrent ont souvent un sommeil nocturne paisible, réparateur, et très long. Au réveil, elles sont en proie à une grande inertie, accompagnée d’une fatigue écrasante, de troubles attentionnels et cognitifs. « On parle d’ivresse de sommeil, indique le Dr Ogrizek. Les patient.e.s ne sont jamais rassasié.e.s, même en dormant beaucoup ». 

Quand les gens sont déprimés, ils se réfugient parfois dans le sommeil. Il est donc important de différencier l’hypersomnie idiopathique de la dépression, qui, elle, se traite, insiste la médecin. 

La narcolepsie, ou narcolepsie-cataplexie

La narcolepsie est également une maladie chronique rare, d’origine inconnue. Elle est caractérisée par un sommeil nocturne de médiocre qualité, une somnolence diurne importante, et surtout, des endormissements intempestifs qui peuvent survenir à tout moment de la journée, y compris en pleine activité, comme la conduite ou le sport. Les personnes qui en souffrent ont le besoin impérieux de faire plusieurs siestes courtes dans la journée, pour garder un bon niveau de vigilance. 

Au moment de s’endormir ou de se réveiller, elles peuvent aussi être en proie à des hallucinations, voire à une paralysie du sommeil. Un grand nombre de personnes présente aussi une cataplexie. Autrement dit, ils chutent de façon brutale et inattendue en raison d’un manque de tonus musculaire (souvent en réponse à une émotion positive), au risque de se blesser, signale le Dr Marc Rey, neurologue et président de l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV). Par ailleurs, les personnes narcoleptiques peuvent être en proie à des difficultés de concentration et d’apprentissage.

Quels sont les symptômes de l’hypersomnie ?

Comme indiqué ci-dessus, les hypersomnies se manifestent par un besoin excessif de sommeil, qui s’exprime différemment en fonction des patient.e.s : 

  • par un épuisement chronique ;
  • par une invalidité majeure au réveil ;
  • par une somnolence diurne excessive ;
  • par des difficultés de concentrations ;
  • par un allongement de la durée de la nuit ;
  • par une sensation permanente de ne pas être éveillé complètement ;
  • et / ou par un endormissement facilité voir irrépressible au cours de la journée.

Quelles sont les causes de cette fatigue permanente ?

Les causes de l’hypersomnie primaire restent inconnues. Mais les causes de l’hypersomnie secondaire, elles, sont bien plus facilement identifiables : 

  • un manque de sommeil important ;
  • un épuisement physique ;
  • un arrêt brutal de stimulants ;
  • une prise excessive d’hypnotiques ou de sédatifs ;
  • une maladie d’origine psychiatrique ;
  • un trouble neurologique tel qu’un traumatisme ou une neurodégénérescence ;
  • une infection, liée au virus Epstein-Barr par exemple, ou au syndrome de Guillain-Barré ;
  • une maladie endocrinienne ou métabolique comme le diabète ou l’hypothyroïdie ;
  • etc.

Le diagnostic repose tout d’abord sur une anamnèse précise, puis un examen clinique et psychologique. Objectif ? Écarter toute autre maladie (dépression, trouble bipolaire, apnée du sommeil, etc). Le médecin peut ensuite prescrire des examens complémentaires pour confirmer le diagnostic ou identifier l’origine de l’hypersomnie : 

  • un agenda de sommeil, qui consiste à reporter la durée et la qualité de ses phases d’endormissement, de sommeil et d’éveil ;
  • une actimétrie, qui consiste à porter un bracelet dont les capteurs permettent d’analyser la qualité du sommeil ;
  • une polysomnographie nocturne, qui permet de mesurer la quantité et la qualité du sommeil grâce à différents instruments comme un électroencéphalogramme (EEG), un électro-oculogramme ou encore un électromyogramme ;
  • un test itératif de latence d’endormissement (TILE), qui évalue la capacité du patient à s’endormir durant la journée ;
  • un test de maintien d’éveil (TME), qui évalue la capacité du patient à rester éveillé durant la journée.

Enfin, des analyses complémentaires, comme une imagerie cérébrale, ou des tests de biologie, peuvent être parfois nécessaires pour confirmer la nature de l’hypersomnie, notamment d’une hypersomnie secondaire. 

Le traitement de l’hypersomnie est essentiellement symptomatique.

Selon les cas, il peut inclure :

  • la mise en place de mesures hygiéno-diététiques pour renouer avec une bonne qualité de sommeil ;
  • la prescription de psychostimulants, des médicaments permettant de stimuler la vigilance (le modafinil et le methylphénidate, par exemple) ;
  • et / ou la prescription de thymorégulateurs, des médicaments permettant de réguler l’humeur.
  • A cela peuvent s’ajouter des traitements contre les accès de cataplexie (comme certains antidépresseurs ou le gamma-hydroxybutyrate), les hallucinations liées au sommeil, les paralysies du sommeil ou la fragmentation du sommeil nocturne.

En cas d’ivresse de sommeil, on peut aussi miser sur la luminothérapie au réveil. « Mais une fois que l’on a instauré une bonne hygiène de sommeil, si l’on suspecte une hypersomnie primaire, la prise en charge s’effectue dans un centre de sommeil spécialisé, précise le Dr Rey. Le, ou la, patient.e est hospitalisé.e pour réaliser le diagnostic et mettre en route un traitement efficace sur le long-court. »

Quoi qu’il en soit, l’éducation thérapeutique est toujours indispensable pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants de la maladie, mieux la gérer et adopter une hygiène de vie qui limite les risques (moins d’alcool, plus d’activité physique, meilleure alimentation, etc). 



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