Groupe sanguin (A, B, AB, O) : comment le connaître ? compatibilité ?

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La composition du sang est la même pour tous les Hommes, mais les antigènes qui se trouvent sur les cellules du sang et de certaines protéines du plasma varient d’une personne à l’autre. C’est ce qui permet de définir différents groupes sanguins. Combien en existe-t-il ? En quoi sont-ils différents ? Comment savoir à quel groupe on appartient ? Le point. 

Quels sont les différents groupes sanguins ?

Un groupe sanguin désigne un ensemble d’antigènes, capables d’induire une réponse immunitaire en agissant avec d’autres substances. Il dépend du bagage génétique de chaque personne, mais aussi du brassage des populations et des zones géographiques dans le monde.

Certains groupes sanguins sont fréquents, d’autres moins, et d’autres sont carrément rares, mais chaque individu possède son propre groupe sanguin et ce groupe reste le même tout au long de la vie.

Il existe actuellement 40 systèmes antigéniques, qui permettent d’identifier les cellules sanguines et définissent la compatibilité – ou l’incompatibilité – sanguine entre plusieurs personnes. Les plus connus et utilisés sont le système ABO (qui constitue quatre groupes primaires : A, B, O et AB) et le système Rhésus (le deuxième niveau de la classification), qui détermine la présence, ou non, d’un antigène supplémentaire dans le sang et qui induit le fameux positif ou négatif.

En combinant ces deux systèmes, on obtient donc huit groupes sanguins différents : 

  • le groupe sanguin A-,
  • le groupe sanguin A+,
  • le groupe sanguin B-,
  • le groupe sanguin B+,
  • le groupe sanguin AB-,
  • le groupe sanguin AB+,
  • le groupe sanguin  O-,
  • et le groupe sanguin O+.

Répartition des groupes sanguins en France

Certains groupes sanguins sont plus ou moins rares en France. D’après l’Établissement français du sang, les groupes sanguins les plus communs sont : 

  • A positif : 38 % de la population,
  • O positif : 36 % de la population
  • et B positif : 8 % de la population.

Les groupes sanguins les plus rares en France sont :

  • A négatif : 7 % de la population, 
  • O négatif : 6 % de la population, 
  • AB positif : 3 % de la population,
  • B négatif : 1 % de la population
  • et AB négatif : 1 % de la population.

Quel groupe sanguin est donneur universel ?

On considère les personnes du groupe O négatif (O-) comme des « donneurs universels ». Autrement dit, tous les autres groupes sanguins peuvent recevoir leur sang. 

Quel groupe sanguin est receveur universel ?

On considère les personnes du groupe AB positif (AB+) comme des « receveurs universels ». Autrement dit, ils peuvent recevoir le sang de n’importe quel autre donneur. Mais ils ne peuvent donner du sang qu’au groupe AB+.

Tableau récapitulatif de la compatibilité des groupes sanguins

Compatibilité des groupes sanguins

© Croix-Rouge de Belgique

À noter : la plupart du temps, les receveurs sont transfusés avec le sang d’un donneur de leur propre groupe sanguin.

Qu’est-ce qu’un groupe sanguin rare ?

En France, un groupe sanguin est dit « rare » lorsque moins de 4 personnes sur 1000 le possèdent dans la population et qu’il n’existe pas d’autres groupes sanguins compatibles pour transfuser ces patients. Il existe, par exemple, des personnes qui ne sont ni A, ni B, ni AB et ni O : leur groupe sanguin est appelé « Bombay ». Ce phénomène ne concerne qu’une personne sur 1 million dans la population européenne. Mais au total, près de 250 groupes sanguins rares sont identifiés en France, d’après l’EFS.

Pas moins de 700 000 personnes sont donc concernées. « Pour la très grande majorité d’entre elles, elles n’auront heureusement jamais besoin d’être transfusées », précise l’Établissement. Et d’ajouter : « En France, votre groupe sanguin est particulièrement susceptible d’être rare ou peu fréquent si vous ou vos ancêtres êtes originaires d’Afrique, des Caraïbes (Martinique, Guadeloupe, Guyane) ou de l’Océan Indien (Réunion, Mayotte, Comores, etc) ». 

Le groupe sanguin peut être déterminé dès la naissance, mais l’examen n’est pas systématiquement pratiqué. Lorsqu’il est réalisé, il permet d’obtenir une carte de groupe sanguin, qui est généralement conservée dans le carnet de santé.

Le cas échéant, toute personne voulant connaître son groupe sanguin peut demander la réalisation d’une prise de sang sur prescription médicale. L’acte n’est en revanche pas pris en charge, en dehors d’une grossesse ou d’une transfusion. Deux prises de sang suffisent à définir les caractéristiques sanguines d’un.e patient.e. L’examen peut être réalisé dans tous les laboratoires d’analyse médicale, ou bien à l’hôpital. Dans un contexte d’urgence (prise en charge hospitalière d’un patient présentant une forte hémorragie par exemple), le résultat peut être connu en trente minutes. 

Le groupe sanguin peut aussi être communiqué suite à un don de sang, puisque le test de compatibilité est obligatoire dans un contexte de transfusion. De même avant une grossesse, ou une intervention chirurgicale, lorsqu’il n’est pas connu. 

Peut-on connaître son groupe sanguin sans prise de sang ?

Non. Malheureusement pour les bélénophobes, il n’est pas possible de connaître son groupe sanguin sans réaliser une prise de sang.

À quoi ça sert de connaître son groupe sanguin ?

Il est indispensable de connaître son groupe sanguin, au cas où l’on aurait absolument besoin d’une transfusion. Mettre en contact des anticorps et des antigènes du même type risque d’engendrer un rejet ou une coagulation du sang qui peut s’avérer mortel !

Groupe sanguin et grossesse

Le médecin prescrit un test pour déterminer le groupe sanguin et le rhésus de toutes les mères dès le premier trimestre de grossesse, à moins que sa patiente soit déjà sûre de son groupe sanguin. Cet examen est particulièrement nécessaire pour les femmes dont le rhésus est négatif : cela permet d’anticiper une éventuelle incompatibilité de rhésus entre la mère et le fœtus, qui peut être prise en charge grasse à un vaccin. Concrètement, dans les 72 heures après l’accouchement, on injecte à la mère des gammaglobulines portant des agglutinines anti-D, qui neutralisent les globules rouges Rh(+). La maman n’a ainsi pas le temps de développer ses propres anticorps. 

Quels risques en cas de groupes incompatibles ?

Un receveur doit obligatoirement être transfusé avec du sang d’un groupe compatible avec le sien. Comme indiqué précédemment, en transfusant un patient avec du sang non compatible, on risque un choc ABO, qui peut mener au décès. 

Pourquoi est-ce important de donner son sang ?

Les dons du sang sont indispensables dans deux cas de figure : les situations d’urgence, et les besoins chroniques. Au cours d’un accouchement par exemple, une hémorragie peut survenir ou suite à une intervention chirurgicale. Par ailleurs, les patients qui souffrent de leucémie, une maladie qui affecte la moelle osseuse, ou de cancer, dont les traitements sont très lourds, ont constamment besoin de renouveler leur stock de globules rouges, de plaquettes ou de plasma. Les enfants et adultes atteints de déficits immunitaires, de maladies génétiques comme l’hémophilie par exemple, bénéficient aussi de transfusions de plasma. 

Chaque année, un million de malades est soigné grâce aux dons de sang, précise l’Établissement français du sang : 

  • 47 % des patients transfusés sont atteints d’un cancer ou d’une maladie du sang.
  • 35 % des transfusions sont réalisées à l’occasion d’une intervention chirurgicale.
  • 32 % des transfusions interviennent lors d’urgences relatives et 12 % lors d’urgences vitales.

Ce slogan bien connu justifie à lui-même cet acte altruiste : 1 heure de votre temps suffit à sauver 3 vies !



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