Gastroscopie : comment se déroule l’examen, à quoi sert-il ?

par



gastroscopie

Qu’est-ce qu’une gastroscopie ?

À l’aide d’un endoscope, un tuyau introduit par la gorge ou le nez, le gastro-entérologue va pouvoir explorer l’œsophage, l’estomac et le duodénum (le haut de l’intestin grêle).
Cet examen médical, également appelé fibroscopie digestive ou endoscopie digestive haute, permet de repérer d’éventuelles anomalies ou lésions. Dans le même temps, des prélèvements (biopsies) peuvent être effectués. Ils seront ensuite analysés en laboratoire. 

Cet examen est le plus souvent réalisé pour poser un diagnostic, mais il est aussi possible de traiter certaines maladies : des instruments chirurgicaux sont introduits via l’endoscope afin, par exemple, d’enlever des polypes dans l’estomac ou de retirer des pans de muqueuse. Une technique récente appelée POEM (Per Oral Endoscopy Myotomy) permet de sectionner des fibres musculaires en cas d’achalasie, une maladie de l’œsophage qui provoque des blocages alimentaires. 

Gastroscopie, coloscopie : deux examens d’endoscopie digestive

Les deux examens ont recours à la même technique : l’endoscopie digestive, c’est-à-dire l’usage d’une caméra introduite par un endoscope (une sorte de tuyau). Mais la gastroscopie permet de visualiser, en vidéo, la partie haute du tube digestif : œsophage, estomac, duodénum ; tandis que la coloscopie est réservée au gros intestin (le côlon).

Pourquoi faire une gastroscopie ?

L’examen permet de diagnostiquer un certain nombre de pathologies, en particulier le reflux gastro-oesophagien, l’ulcère de l’estomac, l’allergie et l’intolérance au gluten (maladie coeliaque) ou encore la gastrite (inflammation de la muqueuse de l’estomac).

Une gastroscopie est également indiqué chez un patient présentant une carence en fer, à la recherche de saignements digestifs. 

On y a recours, par ailleurs, pour surveiller l’évolution des maladies de l’œsophage et de l’estomac (reflux, polypes…). 

Un examen possible à tout âge

Ce type d’examen peut être pratiqué à tous les âges de la vie même si, en pratique, il concerne davantage les adultes que les enfants. Ainsi, la gastroscopie est très rarement pratiquée en cas de reflux chez un bébé : « Dès qu’un enfant mange une alimentation solide et qu’il marche, le reflux s’arrête dans la grande majorité des cas et il n’y a donc pas besoin de gastroscopie », précise la Dr Anne-Laure Tarrerias, gastro-entérologue. 

Pour faciliter l’examen, des précautions doivent être prises dans les heures et les jours qui précèdent :

– Arrêter certains médicaments

Certains traitements médicamenteux doivent être stoppés plusieurs jours avant l’examen. C’est le cas notamment des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), des médicaments prescrits en cas de reflux gastro-oesophagien. Au cours d’une gastroscopie, la bactérie Helicobacter Pylori, responsable d’ulcères à l’estomac, est systématiquement recherchée. Or, « chez les patients sous IPP, elle est difficile à récupérer », observe la gastro-entérologue. C’est la raison pour laquelle, le traitement doit être suspendu quinze jours avant l’examen.

Les médicaments anticoagulants doivent également être stoppés, chez certains patients, en fonction du type d’anti-coagulants qu’ils prennent et du risque de saignements lors de l’examen. 

– Le patient doit être à jeun.

En pratique, il faut éviter de boire et de manger pendant les six heures qui précèdent l’examen. L’estomac doit, en effet, être vide pour éviter que son contenu remonte dans les bronches, ce qui pourrait provoquer une infection grave. En revanche, le patient peut s’alimenter normalement les jours précédents et après l’examen : pas besoin de suivre un régime particulier.

– Il faut s’abstenir de fumer pendant les 6 heures de jeûne.

« La cigarette augmente la sécrétion d’acide chlorydrique dans l’estomac, ce qui peut compliquer l’examen », explique la Dr Tarrerias. 

Où se déroule l’examen ?

La gastroscopie nécessitant une anesthésie locale ou générale et des conditions d’asepsie très rigoureuses, elle doit obligatoirement se dérouler dans un établissement de santé, un hôpital ou une clinique, dans un centre d’endoscopie. 

Un tuyau souple, appelé endoscope, est introduit par la bouche ou par le nez, et descendu jusqu’à l’estomac. Il peut mesurer plus d’un mètre de long pour un diamètre de 9 mm. Pour dilater les parois de l’estomac, le médecin insuffle de l’air qu’il aspirera ensuite à la fin de l’examen. 

Pour supporter l’endoscope, le patient est doté d’un cale-dent, une sorte d’anneau en caoutchouc qui maintient la bouche ouverte. Le dispositif sert à la fois à protéger les dents et à éviter que la personne morde l’endoscope lors de son passage. 

Pendant toute la durée de l’examen, le patient doit rester couché sur le côté pour que la salive puisse s’écouler à l’extérieur de sa bouche.

Combien de temps dure une fibroscopie ?

Une gastroscopie dure une vingtaine de minutes, y compris lorsque le médecin effectue des biopsies.

Quel type d’anesthésie pour une gastroscopie ?

La gastroscopie peut se dérouler sous anesthésie locale, mais le plus souvent elle a lieu sous anesthésie générale. 

– La gastroscopie sous anesthésie locale :

Un spray anesthésiant est pulvérisé au fond de la gorge pour permettre le passage de l’endoscope. Comme le patient ne peut plus déglutir, il devra attendre au moins 1 heure avant de s’alimenter après la gastroscopie. Cette précaution est nécessaire pour éviter tout risque de «fausse route», c’est-à-dire le passage d’aliments dans les bronches. 

Sous anesthésie locale, le patient ne ressent aucune douleur. Néanmoins, la gastroscopie reste un examen désagréable, au cours duquel il faut parvenir à maîtriser sa respiration et l’envie de vomir. « Passer l’endoscope, c’est comme si on vous mettait deux doigts au fond de la gorge », résume la Dr Tarrerias. C’est la raison pour laquelle, l’examen est le plus souvent pratiqué sous anesthésie générale. 

Pour en savoir plus : la Société française d’endoscopie digestive (SFED) propose cette vidéo sur la gastroscopie sous anesthésie locale. 

– La gastroscopie sous anesthésie générale :

Le patient est endormi le temps de l’examen. Il ne ressent donc rien, ni douleur, ni nausée ni sensation d’étouffement. Il peut prendre une collation dès son réveil et repartir chez lui environ deux heures après l’examen. Mais il n’est pas possible de travailler le jour de l’examen.

Pour en savoir plus : la Société française d’endoscopie digestive propose cette vidéo sur la gastroscopie sous anesthésie générale. 

Après l’examen, il est possible de ressentir une gêne au fond de la gorge. Les désagréments ne vont pas au-delà dans la majorité des cas.

Pourquoi faire une gastroscopie par le nez ?

La naso-gastroscopie peut être proposée aux patients qui refusent l’anesthésie générale ou qui, pour des raisons médicales, ne peuvent pas être endormis. Dans ce cas, l’endoscope est introduit sous anesthésie locale par le nez (le tuyau est plus fin que lorsqu’on passe par la gorge). « Le patient n’a pas de nausées puisque l’endoscope tombe directement dans l’arrière gorge. En passant par le nez, on évite la zone-réflexe des vomissements située à la base de la langue. L’examen est donc mieux toléré. En revanche, l’image est de moins bonne qualité qu’avec la gastroscopie classique, même s’il y a eu des améliorations dans ce domaine », explique la gastro-entérologue. 

Combien de temps faut-il attendre pour avoir les résultats ?

La caméra de l’endoscope permet de repérer «en direct» d’éventuelles anomalies. « Tout ce que le gastro-entérologue voit à l’œil nu est immédiatement signalé au patient, par exemple un ulcère à l’estomac », explique la Dr Tarrerias. En revanche, il faut attendre 10 à 15 jours pour obtenir les résultats d’une biopsie, signalant par exemple la présence de la bactérie Helicobacter Pylori ou des cellules cancéreuses.  

Gastroscopie : quels effets secondaires possibles ?

Les risques de la gastroscopie, comme la perforation ou l’hémorragie, sont très rares. Néanmoins, le patient doit en être informé avant l’examen. 

Le risque d’infection est également rarissime. Il est limité au maximum grâce à des normes de décontamination drastiques. Certains accessoires, comme les pinces à biopsies, sont d’ailleurs à usage unique et jetés dès la fin de l’examen. 

Dans tous les cas, si des symptômes apparaissent dans les jours qui suivent la gastroscopie (douleurs au niveau de l’abdomen ou du thorax, des vomissements, du sang rouge dans les selles, des selles noires, une fièvre…), il faut consulter un médecin le plus rapidement possible. 

Existe-t-il des alternatives à la gastroscopie ?

À l’heure actuelle, il n’existe pas d’autres solutions aussi efficaces que la gastroscopie pour explorer de l’intérieur l’estomac, l’œsophage et le duodénum. Les techniques d’imagerie ne donnent pas d’aussi bons résultats. 

Quant à la capsule endoscopique que le patient avale, elle est utilisée essentiellement pour examiner l’intestin grêle. « Elle n’est pas utile pour l’estomac car elle ne permet pas la réalisation de biopsies », explique la gastro-entérologue. 

Seule la technique appelée TOGD (Transit oeso-gastro-duodénal) peut représenter une alternative à la gastroscopie, dans des cas très particuliers : par exemple, en chirurgie bariatrique avant une intervention chirurgicale sur l’estomac de patients obèses. Concrètement, la personne avale un produit de contraste qui permet de voir, sous radiographie, l’anatomie de l’estomac. « En revanche, cette technique ne permet pas d’intervenir sur les muqueuses. Et une gastroscopie reste nécessaire dans les bilans de chirurgie bariatrique, le TOGD n’étant qu’un examen supplémentaire de l’estomac », précise la Dr Tarrerias. 



Source link

Related Posts

Laisser un Commentaire