Françoise raconte son combat contre l’insomnie depuis ses 18 ans

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Françoise est une femme absolument charmante ; elle arrive tout sourire à la rédaction. Pourtant, entre un café et quelques mots, elle avoue rapidement qu’elle est fatiguée car elle n’a pas dormi de la nuit. C’est justement pour cela qu’elle vient nous voir : pour parler de son insomnie qu’elle subit depuis l’âge de ses 18 ans. Très investie pour lutter contre ce trouble du sommeil, Françoise est co-fondatrice de l’association France Insomnie (voir encadré en fin d’article).  

Le texte ci-dessous est la retranscription de la vidéo associée à l’article. 

Françoise, depuis quand êtes-vous insomniaque ?

Ma première insomnie a été à l’âge de 18 ans, la veille du baccalauréat. Donc j’étais sûrement anxieuse. Bien que bonne élève étant prête, je n’ai vraiment presque pas dormi de la nuit. Aujourd’hui, je suis encore insomniaque parce que – bien que sous un certain traitement médical – j’ai quand même une ou deux fois par mois, comme la nuit dernière, une vraie nuit d’insomnie avec 4 h sans sommeil, de 1 h à 5 h du matin.

Après, au fil de mes études, dès qu’il y avait des examens, des concours, des préparations, j’étais insomniaque pendant plusieurs semaines avant les échéances. Et cela a vraiment impacté mes résultats.

Quelles conséquences l’insomnie peut-elle avoir sur le moral ?

Clairement, c’est vrai que le lendemain d’insomnie, j’étais sûrement beaucoup plus réactive, pas assez patiente, m’énervant plus facilement et aussi vraiment fatiguée. Avec peut-être des problèmes parfois de mémoire, de concentration et c’est vraiment compliqué. Et aussi, il faut savoir qu’après une nuit d’insomnie, il ne faut jamais prendre de décision importante parce que le jugement est quand même altéré. Cela peut retentir aussi sur les relations familiales. Ça m’est arrivé du fait de l’irritabilité.  

Cela peut aussi impacter les relations sociales. Par exemple, l’après-midi, je ne suis bonne à rien, je suis épuisée. Et alors là, aller voir quelqu’un, faire quelque chose qui demande un petit effort ou même quelque chose de plaisant, c’est très compliqué. Du coup, comment dire, on se renferme plus sur soi-même. 

Il faut savoir qu’après une nuit d’insomnie, il ne faut jamais prendre de décision importante parce que le jugement est altéré.

L’insomnie est-elle plus difficile à gérer quand on vieillit ?

Quand j’étais jeune, avec plein d’énergie, j’arrivais à tout faire tout en dormant très peu. Mais vers 50 ans, après 50 ans, 60 ans, ce n’est plus la même affaire. C’est pour ça que je témoigne pour inciter vraiment les personnes jeunes insomniaques à s’en occuper, à se soigner et à trouver des bonnes solutions avant que cela devienne chronique… si ça ne l’est pas déjà ! Et surtout : prévoir le fait de vieillir, penser au fait que cela ne va pas s’arranger avec l’âge.

Quels traitements avez-vous expérimentés pour soigner votre insomnie ?

J’ai fait 20 ans d’acupuncture à certaines périodes où j’étais plus soucieuse. L’acupuncture, ça m’aidait énormément ensuite. Ensuite, voici plusieurs méthodes que j’ai testé pour soigner mon insomnie : Hypnose. EMDR. Plantes. Et même Antidépresseurs à un moment où j’avais des gros soucis personnels familiaux pendant plusieurs années. Donc là je craquais parce que la nuit, j’avais toujours le souci dans la tête et je ne dormais vraiment jamais. Mon cerveau ne se reposait jamais. Donc là, j’ai pris des vrais antidépresseurs pendant 3 ou 4 ans, ou 5 ans. Ils ont été arrêtés. Et ensuite les thérapies comportementales et cognitives m’ont aidée, voire méditation. Je continue à pratiquer la méditation encore aujourd’hui. J’essaie presque tous les jours après le déjeuner : une petite séance qui permet de diminuer le stress. Du coup, il y a moins de stress accumulés pendant la journée et le soir, on est mieux, on est moins moins stressé.

Quel message important souhaitez-vous faire passer ?

Trouvez tout ce que vous pouvez pour être apaisé. Parce qu’en fait, pour pouvoir dormir, il ne faut pas essayer de dormir, il faut se relaxer, il faut se détendre… Et il faut consulter son médecin traitant, s’il est bien. La consultation chez le médecin permettra déjà de vérifier qu’il n’y a pas des pathologies, d’où viendrait l’insomnie. Important : quand on est chez le médecin, ne pas aborder le sujet en fin de consultation. Parce que le médecin n’a pas du temps à consacrer à cela. Prenez un rendez-vous chez le médecin uniquement pour l’insomnie.

Association France Insomnie : des patients experts au service des insomniaques

Créée en 2016, l’association France Insomnie est à l’initiative de patients insomniaques et de professionnels de santé spécialistes du sommeil. Le but premier : rassembler et fédérer au maximum pour lutter contre l’insomnie, mieux faire connaitre cette maladie, promouvoir sa reconnaissance, améliorer la prise en charge. Trop de patients la considèrent comme une fatalité et mettent du temps avant de consulter.  Des permanences ont lieu à l’association chaque troisième jeudi du mois, de 18 h à 19h30. Le mail pour se renseigner : contact@franceinsomnie.fr. 



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