Entouré de collègues qui toussent, votre corps se prépare déjà au combat, explique un scientifique

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De retour au boulot, vous voilà nez à nez avec un collègue qui tousse, se mouche, éternue. La pandémie de Covid-19 étant encore dans toutes les têtes, il y a lieu de se questionner voire de s’inquiéter : allez-vous, vous aussi, tomber malade ? Votre corps est-il prêt à faire face ?

S’il est difficile de prédire si l’on va oui ou non être malade lorsque l’on rencontre un microbe, on peut en revanche affirmer que notre organisme se prépare déjà au combat.

C’est du moins ce qu’a déclaré le Dr Patricia C.Lopes, chercheuse et professeure de biologie au Schmid College of Science and Technology de l’Université Chapman (Californie, États-Unis), auprès du site scientifique Eurekalert (Source 1).

La chercheuse, qui étudie les réponses physiologiques au risque de parasitisme, déclare ainsi que “notre physiologie, en particulier le système immunitaire – le système qui protège le corps des envahisseurs – est étroitement régulée”. “Dès que nous tombons malades, notre physiologie peut radicalement changer pour soutenir la guérison de la maladie”, ajoute-t-elle.

Un système immunitaire sur le qui-vive

Dans un article scientifique publié le 4 août dernier dans la revue Functional Ecology, la spécialiste met en évidence plusieurs recherches montrant qu’il existe plusieurs scénarios où notre physiologie se modifie juste avant une infection, lorsque le risque de tomber malade est élevé.

“En d’autres termes”, explique le Dr Lopes, “notre cerveau peut obtenir des informations de personnes malades et provoquer ensuite des changements dans notre physiologie. Par exemple, l’observation d’images de personnes malades peut déjà déclencher une activation du système immunitaire”, précise-t-elle.

Des chercheurs ont ainsi exposé des participants à des photographies de personnes présentant des lésions cutanées ou éternuant, ou les menaçant avec des armes à feu (stimulus menaçant). Les volontaires ont subi une prise de sang avant de voir les photos, puis 30 minutes après, pour mesurer la capacité du corps à réagir à une menace, ou à une infection (bactérienne, virale ou autre). Pour cela, ils ont mesuré la capacité des cellules sanguines à produire de l’interleukine 6 (IL-6), molécule appartenant au système immunitaire inné, produite en réponse à une lésion ou une infection. Les scientifiques ont alors observé que les cellules sanguines des participants ont produit davantage d’IL-6 après une exposition à des photos de personnes visiblement malades (porteurs de lésions cutanées ou éternuant) qu’après une exposition à une menace de nature différente (armes à feu). 

Un phénomène qui signifie que les microbes et parasites que l’on rencontre, même de loin, impactent nos vies beaucoup plus qu’on pourrait le penser, puisqu’ils nous poussent à nous modifier pour leur échapper avant même qu’ils ne nous atteignent.

Pour la spécialiste, cette découverte pourrait avoir des impacts majeurs sur la façon dont les maladies se propagent, et sur la façon dont les scientifiques étudient l’émergence et la propagation de maladies, mais aussi le développement de défenses immunitaires. Elle appelle la communauté scientifique à se saisir rapidement du sujet et à poursuivre les recherches, compte tenu de la probabilité accrue d’événements pandémiques de maladies infectieuses à venir”.



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