En vidéo, le témoignage de Camille Lacourt, qui a fait un burn-out.

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Le burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel, se traduit par un épuisement physique, émotionnel et mental lié à un surmenage au travail. Comment vit-on un tel épuisement lorsque l’on est un sportif de haut niveau ? Notre journaliste a rencontré le nageur Camille Lacourt, multiple champion du monde et d’Europe, qui prend la parole sur ce syndrome à l’occasion de la semaine de la Recherche en santé mentale avec la Fondation pour la Recherche Médicale. L’article ci-dessous est en grande partie la retranscription de l’interview vidéo associée.

Quand avez-vous fait un burn-out ?

Ça m’est arrivé en 2012 à Londres. Aux Jeux Olympiques, la compétition que tous les sportifs attendent. Je suis arrivé quatrième. J’étais brisé. Dans cette situation on est complètement déçu de nous-mêmes. On n’a pas d’amour propre, on a l’impression d’avoir tout perdu : d’avoir perdu du temps, d’avoir perdu de l’honneur, de la force de caractère. Et quand je suis rentré chez moi, ça a été super compliqué. 

Quels étaient les symptômes de ce burn-out ?

Je pense qu’on peut presque s’approcher de la dépression : aucune envie de me lever le matin, moi qui avais une vie assez carrée ou je me levais à une heure précise, je mangeais à une heure précise et très correctement. Là, c’était vraiment du grand n’importe quoi. J’avais l’impression que tout ce que j’avais fait avant, était une perte de temps. C’est super dur de se dire qu’on a fait les choses correctement pour rien. Alors qu’en réalité, ce n’était pas pour rien parce qu’après on grandit et on est plus fort. Mais quand on est dans ce burn-out, dans ce no man’s land où il n’y a rien qui nous atteint, on a l’impression d’avoir une vie sans saveur. J’ai eu beaucoup de chance, j’étais très bien entouré, que ce soit de mes amis, de ma famille. Mais quand on est dans un moment comme ça, on est seuls, quoi qu’il arrive. On peut ressentir tout l’amour au-dessus, mais en fait, c’est superficiel. C’est comme si on avait une brûlure profonde et qu’on mettait de la crème dessus. C’est en dessous que ça crame et que c’est douloureux.

À qui peut arriver un burn-out ?

Au début, je crois que ce burn-out était vraiment considéré comme une maladie de faibles et en fin de compte, on voit que c’est totalement le contraire. Je pense que les gens qui font des burn-out et qui vivent ces moments très difficiles dans leur vie, sont des personnes très fortes mentalement. Ce sont des personnes qui ont toujours repoussé leurs limites, en pensant qu’elles pouvaient accepter plus que le reste du monde ou le reste de l’entreprise. Et à un moment donné, ça ne marche plus. Nous on est l’exemple un peu type parce qu’il y a le rapport au corps aussi. Il y a cette fatigue physique. Mais en vérité, quand il y a un burn-out chez un sportif, ce n’est pas le physique qui craque en premier.

Comment avez-vous fait face à ce burn-out ?

Au début, je l’ai subi. Je ne savais pas où ça allait s’arrêter. Mais j’avais l’impression de tomber, d’avoir aucune branche pour me retenir. Et un matin, je me suis dit : ça suffit. C’est aujourd’hui que je touche le sol. J’accepte d’avoir pris cet échec de pleine face. J’accepte d’avoir été humain et d’avoir craqué mentalement, ça fait partie du jeu. Maintenant, je me relève et même si j’ai un autre échec je le prendrai toujours du côté positif. Quand on a de grandes ambitions, il y a de grandes chutes, tout le temps. Il y a une phrase que j’aime beaucoup :

les grands champions ne sont pas ceux qui ne tombent pas, mais ceux qui se relèvent vite.

Ce n’est pas être un champion sportif, c’est être champion de sa vie. Tout le monde tombe, mais tout le monde se relève aussi et tout le monde apprend. L’échec, c’est juste le début d’une nouvelle chose et pas la fin de quelque chose.



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