Diabète : quel impact sur la prise de poids ?

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Le diabète est une maladie chronique qui apparaît lorsque le pancréas ne produit pas suffisamment d’insuline ou que l’organisme n’utilise pas correctement l’insuline qu’il produit. Chez le/la diabétique, l’insuline ne parvient plus à « faire son travail ». Afin d’éviter que le sucre ne s’accumule dans le sang, le pancréas fonctionne d’abord en surcharge. Mais au bout de dix à vingt ans, il s’épuise. L’hyperglycémie s’installe. Mal contrôlée, elle risque d’entraîner des complications au niveau du cœur, des reins, des yeux, du système nerveux.

Plusieurs facteurs peuvent être en cause comme le patrimoine génétique : avoir un père ou une mère diabétique multiplie par deux le risque de survenue de la maladie. Mais l’hérédité suffit rarement à elle seule à déclencher un diabète : parmi les autres facteurs, l’âge (à partir de 45 ans, le risque augmente), l’hypertension artérielle, le tabac, la sédentarité associée à une alimentation trop grasse et trop sucrée… le danger étant le surpoids, facteur de risque majeur dans le développement du diabète.

Le surpoids est avant tout un facteur de risque du diabète gras

Le diabète de type 2 mérite bien son surnom de « diabète gras ». Car c’est l’excès pondéral, entraîné par une alimentation trop riche en graisses et en sucres, qui favorise son développement. Les personnes en surpoids ont cinq fois plus de risques d’être diabétiques de type 2 que celles de corpulence normale, et jusqu’à dix fois plus chez les personnes obèses. « L’obésité est le premier facteur de risque du diabète et 80 % des obèses sont diabétiques », note l’Institut Pasteur de Lille (source 1).

Le surpoids et l’obésité agissent comme des déclencheurs : « ils représentent des facteurs majeurs d’expression du diabète de type 2, chez les 10 % de la population française génétiquement prédisposés à le développer », explique le Pr Patrick Vexiau, chef de diabétologie à l’hôpital Saint-Louis à Paris.

Pour rappel, une personne est dite en surpoids si son IMC (indice de masse corporelle) est compris entre 25 et 29,9. On parle d’obésité quand l’IMC est supérieur ou égal à 30.

L’obésité abdominale entraîne une résistance du foie à l’insuline et favorise le diabète de type 2

La graisse viscérale, localisée au niveau du ventre, aggrave tout particulièrement le risque de développer un diabète de type 2. « L’obésité abdominale indique qu’un excès de graisse est stocké par le foie », explique le Pr Patrick Vexiau. « Cette stéatose (accumulation anormale de graisses dans les cellules) développe à terme une résistance du foie à l’insuline et une carence en insuline, qui s’aggravent avec le temps ». L’obésité abdominale favorise donc la survenue de l’insulinorésistance, première étape du diabète de type 2, avant l’insulinodéficience.

Pourquoi les personnes diabétiques prennent du poids ?

Le surpoids n’est pas qu’un facteur de risque : il peut être aussi une conséquence du diabète de type 2. 

Lorsqu’on est diabétique, la prise d’insuline peut favoriser la prise de poids. En effet, bien que l’insuline aide à réguler la glycémie, elle favorise également le stockage des graisses dans le corps. « Cela se produit parce que, avant que vous commenciez votre insulinothérapie, votre organisme n’utilisait pas correctement tout le glucose contenu dans les aliments que vous consommiez », alors qu’en prenant de l’insuline, « votre organisme assimile normalement les aliments et il se peut que vous mangiez plus que ce dont votre organisme a besoin pour rester en santé », explique le site d’information du gouvernement du Canada sur la santé (source 3).

Si vous absorbez trop de calories, vos cellules reçoivent plus de glucose qu’elles n’en ont besoin (car ce sont elles qui permettent au glucose de pénétrer dans les cellules de l’organisme). Cela va créer un excédent qui va se transformer en graisse et peut entraîner une prise de poids.

Diabète de type 1 et perte de poids

Au contraire, le diabète de type 1, dans lequel la fabrication d’insuline par le pancréas est quasi nulle, peut se traduire par un amaigrissement malgré un appétit augmenté. Aucun lien n’est établi entre la prise de poids et le diabète de type 1.

Comment perdre du poids quand on est diabétique ?

Si vous devez perdre du poids et contrôler votre glycémie, passez à une alimentation hypocalorique et équilibrée.

  • Trois repas doivent être conservés ;
  • Réduisez les graisses saturées (beurre, saindoux, charcuteries, fromages) au profit de graisses d’origine végétale (huile d’olive, de colza, de tournesol, etc.).

Et le sucre, alors ?

Ne diminuez pas votre ration de sucres, mais privilégiez les sucres complexes comme l’amidon et les fibres (riz, pâtes, légumes secs…). Pas de grignotage ni de sucres simples (boissons sucrées, confitures, confiseries, glaces), à l’exception du chocolat noir (surtout à forte teneur en cacao) qui n’entraîne pas de pics de sucre dans le sang.

Le sucre est souvent diabolisé. Or, l’excès de graisses dans l’alimentation joue un rôle plus important encore dans le déclenchement du diabète de type 2, souligne Patrick Vexiau, secrétaire général de l’Association française des diabétiques. Le sucre va entraîner des hausses du taux de glycémie brutales dans le sang, tandis que les graisses sont un facteur d’insulinorésistance chronique sur le long terme, par l’effet sur le surpoids.

Surveillez les étiquettes des produits du commerce. « Sans sucre »signifie sans sucre ajouté, le produit pouvant contenir du sucre naturel (sorbitol ou fructose) ; un produit « allégé » contient tout de même du sucre ; la désignation« light » n’a pas de définition légale. Concernant l’alcool, ne dépassez pas deux verres de vin par jour et buvez-les au cours des repas.

Diabète : les autres solutions pour limiter la prise de poids

Il est normal que le poids varie entre plus ou moins deux kilos. « Au-delà, il faut faire attention car la prise de poids peut contribuer au déséquilibre du diabète », indique l’Assurance maladie (source 2).

Dépister la graisse viscérale

Il est indispensable de dépister l’obésité abdominale. C’est le rôle de votre médecin traitant. Si vous avez pris récemment du poids ou êtes déjà en surpoids, il calculera votre indice de masse corporelle (IMC), qui correspond à votre poids (en kilos), divisé par votre taille (en mètre) au carré. Compris entre 18 et 25, il est qualifié de normal. Et surtout, il mesurera votre tour de taille (maximum 80 cm chez les femmes, 94 cm chez les hommes). Ces deux chiffres donnent une indication de votre risque à devenir diabétique. Si tel est le cas, il vous prescrira un dosage de la glycémie pour vérifier son niveau.

Pratiquer un sport

L’activité physique a prouvé son efficacité pour retarder ou empêcher l’apparition du diabète de type 2. Ne serait-ce que parce qu’elle favorise la perte de poids. Elle réduit également les facteurs de risque cardiovasculaire. Selon votre forme et votre âge, optez pour une à deux séances hebdomadaires d’activité sportive, une marche quotidienne d’environ une heure, du jardinage, de la bicyclette.

Assurer un suivi

Tous les trois à quatre mois, la visite chez le médecin traitant permet de faire le point sur l’évolution du diabète : contrôle du poids, prise de la tension artérielle, mesure du tour de taille, auscultation, etc. Et une fois par an, il vous prescrira divers examens plus poussés (bilan lipidique à jeun, recherche d’albumine dans les urines, dosage de la créatinine, fond d’œil, électrocardiogramme…).

Se peser régulièrement

Attention, « se peser uniquement au cabinet est insuffisant. L’idéal serait de se peser une fois par semaine et de ne pas s’inquiéter si le poids stagne. En période de perte de poids, le corps a parfois besoin de faire des pauses pour assimiler les changements en cours avant de continuer à maigrir », ajoute l’Assurance maladie.



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