Conflits entre groupes rivaux : la faute au fonctionnement de notre cerveau ?

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Pourquoi les groupes rivaux entrent-ils si souvent en conflit, jusqu’à en venir aux mains ? Pourquoi une telle agressivité entre supporters de football rivaux, clans et autres groupes que tout oppose ?

Dans une nouvelle étude, parue dans la revue Social Neuroscience (Source 1), des chercheurs de la Virginia Commonwealth University (États-Unis) ont utilisé l’imagerie cérébrale fonctionnelle pour trouver une potentielle réponse : l’agressivité entre groupes rivaux augmenterait l’activité du réseau de la récompense du cerveau.

Les chercheurs ont demandé à 35 étudiants masculins d’accomplir une tâche compétitive et agressive contre un autre étudiant de leur université, ou d’une université dite “rivale” de la leur. En réalité, ils ont joué contre un programme informatique, mais l’ignoraient.

Les chercheurs ont alors constaté que les participants qui étaient plus agressifs envers les étudiants de l’université rivale qu’envers leurs camarades de campus,  présentaient alors une plus grande activité cérébrale dans les régions du circuit de la récompense (noyau accumbens et cortex préfrontal ventromédian).

Pour les scientifiques, ces résultats suggèrent que le fait de nuire aux membres d’un groupe rival serait particulièrement gratifiant et associé à des émotions positives.De tels mécanismes de renforcement psychologique pourraient aider à expliquer pourquoi les humains semblent si sujets aux conflits intergroupes”, a déclaré David Chester, co-auteur de l’étude.

“Ces nouvelles découvertes sont en adéquation avec nos recherches précédentes, qui ont impliqué à plusieurs reprises les circuits de récompense du cerveau dans la promotion d’actes agressifs”, a-t-il ajouté dans un communiqué (Source 2). “Nous avons fait avancer cette piste d’investigation en montrant qu’une telle activité de récompense lors d’une agression exerce encore plus d’effet dans un contexte intergroupe que dans un contexte hors d’un groupe”.

Notons que la zone du cerveau impliquée dans l’étude n’est pas seulement associée à la récompense. Elle est également impliquée dans d’autres processus psychologiques tels que l’apprentissage, la motivation et l’identité. D’autres recherches devront donc venir appuyer ces résultats et permettre d’affirmer avec certitude que le circuit de la récompense est le “coupable sous-jacent” du conflit entre groupes. Si tel est le cas, ce pourrait aboutir à des interventions pour tenter de réduire les conflits entre groupes rivaux et limiter les violences, règlements de compte et autres bagarres.



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