Chirurgie de la scoliose : dans quels cas opérer ?

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C’est quoi une scoliose ?

On parle descoliose lorsque l’angle de cobb, formé par les deux vertèbres les plus inclinées aux extrémités de la courbure scoliotique, est supérieur à 10 degrés. « Cette déformation en trois dimensions de la colonne vertébrale est secondaire à une rotation des vertèbres les unes par rapport aux autres » décrit le Dr Arvieu. Elle peut survenir dans l’enfance, l’adolescence mais également à l’âge adulte, et peut être isolée, ou bien associée à une maladie.

La plupart du temps, chez l’enfant et l’adolescent, la scoliose n’entraîne pas de douleurs rachidiennes particulières et est donc asymptomatique. Le principal symptôme est une déformation rachidienne plus ou moins importante et visible. La scoliose doit faire l’objet d’un dépistage systématique chez les enfants et les adolescents. Le médecin procède à un examen clinique, où il demande à l’enfant de se mettre debout et torse nu, et de se pencher en avant pour toucher ses orteils : il recherche alors une éventuelle gibbosité soit au niveau du rachis lombaire (en bas) soit au niveau du rachis dorsal (en arrière du thorax) en fonction de la localisation de la déformation. Il va également rechercher une asymétrie des épaules et ou du bassin, des flancs, ou bien une tendance à partir vers la gauche ou vers la droite.
Chez l’adulte, le diagnostic est clinique également. 

Ce diagnostic sera confirmé grâce à des radiographies de la colonne vertébrale en entier de face et de profil.
UneIRM et unscanner de la colonne pourront éventuellement être demandés, surtout en cas de douleurs dans les jambes ou de problèmes de marche.

Traitement de la scoliose : quand se faire opérer ?

Le seul traitement curatif de la scoliose est la chirurgie, néanmoins, elle n’est que rarement justifiée. Les autres traitements de la scoliose ont pour but de stopper son évolution aux cours de la croissance et de permettre au patient de vivre avec. A l’âge adulte, les thérapeutiques non chirurgicales vont surtout avoir un objectif antalgique. 

La scoliose évolutive : surtout chez l’enfant et l’adolescent

La première indication à l’opération de la scoliose est son caractère évolutif.

Dr Arvieu, chirurgien orthopédiste : C’est en fonction de l’augmentation des angles de déformations constatée sur les différents clichés d’imagerie réalisés dans le cadre de la surveillance, ou bien du caractère déstabilisant de la scoliose, que sera prise la décision d’opérer.

Une scoliose évolutive ne sera opérée que lorsqu’elle s’aggrave de 5 à 10 degrés tous les 6 mois.

 En France, seules 10% des scolioses évolutives sont opérées.
Chez les enfants et adolescents, les scoliose doubles – dites en S – sont généralement opérées lorsque l’angle de Cobb est supérieur à 40. 

La scoliose qui provoque des douleurs : essentiellement chez l’adulte

Une indication chirurgicale peut être également posée en cas de caractère douloureux, ou bien très déstabilisant et déformant de cette scoliose, ce qui peut être le cas principalement chez les adultes souffrant d’arthrose. Elle n’est alors envisagée qu’en cas d’inefficacité du traitement médical par corset et/ou infiltrations.

La scoliose pathologique

Lorsque la scoliose est secondaire à une pathologie – osseuse ou neuromusculaire – le traitement chirurgical est plus fréquent, car souvent ces déformations sont très importantes et à risque évolutif majeur. 

L’opération de la scoliose est appelée arthrodèse, et vise à fusionner plusieurs vertèbres adjacentes entre elles dans le but de limiter toute mobilité de la colonne vertébrale. « Les principes généraux de cette chirurgie sont la correction et la fusion » détaille le Dr Arvieu. La correction de la déformation, a pour objectifs de corriger les déséquilibres sagittaux – à savoir d’avant en arrière – et frontaux, de droite à gauche. Le chirurgien utilise des tiges spécifiques et des cages entre les vertèbres, pour procéder à la réduction de la déviation. Celles-ci agissent comme des tuteurs accompagnés de crochets et de vis implantées sur les vertèbres. « L’idée est, in fine, d’obtenir un équilibre global avec la tête alignée au milieu ducoccyx, des épaules et avec un bassin symétrique » indique le chirurgien. La fusion quant à elle correspond au résultat de la greffe osseuse réalisée lors du geste chirurgical, qui permet ainsi d’obtenir un maintien de la correction de façon pérenne.

L’arthrodèse est une intervention qui se pratique sous anesthésie générale et dure entre 3 et 7 heures en moyenne. La voie d’abord peut être conventionnelle ou plus récemment – et dans certains cas seulement – mini-invasive.
Elle nécessite une hospitalisation de 5 à 7 jours en général.

Au terme de ces quelques jours d’hospitalisation, unerééducation dans un centre spécifique du dos est à prévoir.
Le patient devra ensuite veiller à respecter les consignes post-opératoires fixées par le chirurgien, en évitant de porter des charges lourdes, c’est-à-dire supérieures à 5 kg et en proscrivant les flexions du tronc vers l’avant pendant 3 mois. La position assise peut également être contre-indiquée un temps en cas de prise du bassin. L’arrêt de travail dure au moins 3 mois, mais est souvent prolongé jusqu’à 6 mois.

Dr Arvieu : On dit en général qu’il faut mettre sa vie entre parenthèse pendant 3 à 6 mois après une arthrodèse.

Comme toute chirurgie, l’arthrodèse comporte des risques opératoires, bien qu’ils soient faibles.
« Les risques sont une infection du site opératoire (infection nosocomiale), un hématome, des troubles neurologiques séquellaires en cas d’atteinte des nerfs, ou de la moelle, ou de malposition des implants, qui entrent alors en conflit avec les nerfs » indique le chirurgien.
Il peut également exister un risque mécanique de fracture de matériel ou de la greffe osseuse, ainsi que des risques de dégénérescence des étages non fusionnés dans la chirurgie ( vertèbres et disques laissés libres). De nos jours il existe de nombreux moyens de minimiser ces risques : surveillance neurologique de la moelle épinière en préopératoire, neuro navigation 3D préopératoire permettant ainsi de minimiser au maximum les risques de malposition d’implant et ainsi diminuer les risques neurologiques et les risques de faillite mécaniques

Quelle vie après une arthrodèse ?

Après l’opération, des paliers successifs sont passés à 1 mois ½, 3 mois, 6 mois, 9 mois et 1 an. « La fusion osseuse est attendue à environ 1 an postopératoire, et les activités sportives sont progressivement autorisées selon un protocole précis » indique le Dr Arvieu. 

Une fois la fusion osseuse prise, et en l’absence de complications, il n’existe pas de restriction particulière dans les activités personnelles et sportives. Certaines professions physiques peuvent cependant être difficiles à poursuivre.



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