Candaulisme : définition, comment ça marche, pourquoi cela excite ?

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Le candaulisme ne laisse personne indifférent. Cette pratique sexuelle en intrigue certains, en amuse d’autres, voire les laisse carrément dubitatifs, pour ne pas dire réprobateurs. Quoi qu’il en soit, elle occupe une place de choix sur le devant de la scène érotique – et ce, depuis plusieurs centaines d’années. 

En quoi consiste le candaulisme ?

« Le candaulisme consiste à prendre du plaisir à voir son ou sa partenaire faire l’amour avec une ou plusieurs autres personnes« , explique Céline Vendé, sexologue et thérapeute de couple. Le ou la candauliste peut aussi ressentir du plaisir à la simple idée que son ou sa conjoint(e) soit regardé(e) et désiré(e) par d’autres. 

Cette pratique peut entrer dans le cadre d’un jeu érotique, et les participants ne sont pas obligés de se trouver dans la même pièce. « Il y a plusieurs façons d’être témoin de la scène, sans être physiquement présent, explique l’experte. Par exemple : le couple peut prévoir un rendez-vous avec une tierce personne, qu’il prépare ensemble. Puis l’un des partenaires part au rendez-vous coquin et raconte en détail ses ébats à l’autre au retour. Avec le consentement de tous les participants, le candaulisme peut aussi se pratiquer par l’intermédiaire d’écrans interposés, etc. » 

En règle générale, dans le cadre de couple hétéronormés (un homme et une femme), « on constate que les hommes sont plus enclins à cette pratique que les femmes, précise-t-elle. Sans doute en raison du modèle patriarcal prédominant : il y a toujours un décalage au niveau de la liberté sexuelle que l’on veut bien prêter aux femmes ». Le candaulisme reste donc principalement un fantasme masculin, qui pose la question de l’appartenance du corps de la femme dans l’imaginaire masculin.

Exhibitionnisme, échangisme et voyeurisme, quelles différences ?

Qui dit candaulisme, ne dit pas forcément échangisme : « la personne candauliste n’est pas forcément impliquée physiquement dans le rapport sexuel« , indique la sexologue. Elle n’a pas besoin de participer aux ébats pour ressentir du plaisir. Or, dans le cas de l’échangisme, il est bien question d’échange actif de partenaires, dans le cadre de relations intimes. 

Candaulisme n’est pas synonyme d’exhibitionniste. Le, ou la, candauliste n’est pas excité(e) à l’idée de montrer ses organes génitaux en public. Un seul observateur dans un lieu public suffit à assouvir son plaisir. Par ailleurs, l’exhibitionnisme consiste à se montrer soi-même, tandis que dans le cas du candaulisme, c’est le conjoint observateur qui exhibe son / sa partenaire. 

Il n’est pas non plus question de voyeurisme, car dans ce dernier cas, le spectateur n’est pas consentant. Or dans le cadre du candaulisme, les deux partenaires sont consentants : l’un accepte d’avoir des rapports au vu et au su de son / sa partenaire, lequel / laquelle prend plaisir à l’observer passivement. 

Le candaulisme peut être un bon moyen de varier les sources de désir et de plaisir sexuel. Mais encore faut-il prendre conscience de ses implications : tous les « participants » doivent être au clair sur les notions de jalousie et d’exclusivité. « Cette pratique implique la notion de partage, donc forcément celle de non-exclusivité physique – et parfois émotionnelle », souligne Céline Vendé. Et d’insister : 

On ne pratique pas le candaulisme du jour au lendemain pour pimenter son couple. Cela demande beaucoup de communication et de réflexion. 

Le risque principal est que l’un des partenaires se laisse gagner par la jalousie, ou développe une addiction à cette pratique, qui pourrait le, ou la, mener à l’infidélité.

Pour savoir si l’on est vraiment prêt(e)s à se lancer, il est donc indispensable de parler ouvertement de ses envies, et de s’appuyer sur ses signes précurseurs. « Avant d’envisager une rencontre physique, on peut déjà évaluer si le fait de voir son ou sa partenaire en phase de séduction avec quelqu’un d’autre nous titille », propose Cécile Vendé. 

À noter : avec le candaulisme, il n’est pas tout à fait question d’infidélité, mais plutôt d’adultère contractuel, qui ne remet pas en cause le couple, ni son caractère monogame. Par ailleurs, un couple qui pratique le candaulisme n’a pas pour autant fermé la porte aux autres sexualités. Cette pratique n’est pas forcément récurrente. Elle peut être très ponctuelle, comme une cerise sur le gâteau de la relation. 

Candaulisme : comme le pratiquer en bonne intelligence ?

Du fantasme à la réalité, il n’y a pas qu’un pas. Avant de vous lancer, il faut établir un cadre clair. Objectif : bien mesurer les implications d’une telle pratique et les répercussions possibles sur la sensibilité de chacun, puis définir des règles strictes et un code d’alerte pour cesser les ébats si l’un des partenaires se sent soudainement fébrile / en désaccord avec ce qui se passe.

Cette démarche demande beaucoup d’honnêteté et de transparence. Elle ne doit en aucun cas être contrainte, mais consentie par tous les partenaires du couple initial, pour garantir leur équilibre. Il est également nécessaire d’établir un contrat de confiance clair avec la tierce personne. Si besoin, n’hésitez pas à prendre rendez-vous avec un sexothérapeute pour solidifier votre relation et continuer à cheminer sereinement, en respectant les envies et les besoins de chacun.  

Enfin, et il faut bien avoir conscience, « le candaulisme est réversible« . Si l’un des partenaires se sent finalement en insécurité par rapport au contrat de confiance préétabli, il doit pouvoir en faire part à l’autre. « La communication est la base de toute sexualité« , conclut l’experte. 

Pour aller plus loin, il existe une plateforme française qui regroupe de nombreux adeptes de cette pratique. Vous y trouverez notamment des témoignages, des conseils, et même des annonces de couples cherchant des partenaires d’un soir – ou plus. 



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