Cancer du sein : c’est quoi les soins de support ?

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En plus des traitements spécifiques du cancer, des soins et soutiens complémentaires peuvent être nécessaires pour traiter les conséquences de la maladie et de ses traitements, apporter une meilleure qualité de vie tout au long de la maladie et même après. Voici ce qu’il faut savoir.

Définition : que sont les soins de support lors d’un cancer ?

Les soins de support désignent un ensemble de soins qui regroupent des disciplines autres que les traitements anticancéreux (consultation antidouleur, soutien psychologique, diététique…), et qui sont proposés gratuitement aux patientes à toutes les étapes de la maladie.

Les soins de support n’ont pas pour objectif premier de faire diminuer la tumeur comme les traitements, mais d’agir sur les symptômes chroniques tels que la douleur, les troubles psychologiques, la dénutrition… A ce titre, ils font partie intégrante des traitements des cancers, précise le Dr Ivan Krakowski, oncologue médical et président de l’Association francophone pour les soins oncologiques de support (Afsos).

L’objectif est d’améliorer la qualité de vie des patientes, mais aussi leurs chances de guérison. « Car, en soulageant les symptômes, ces soins leur permettent de recevoir des traitements spécifiques de façon efficace (dose optimale, prolongement de la durée des traitements si nécessaire…). Ne pas bénéficier de ces soins, c’est alors prendre le risque d’un abandon thérapeutique, et d’une perte de chance pour le patient », assure le Dr Ivan Krakowski.

Quels sont les différents soins de support en oncologie ?

« Plusieurs soins de support sont considérés comme indispensables et font l’objet d’un remboursement en totalité ou en partie par l’assurance maladie. Ils composent ce que l’on appelle le ‘panier de soins de support’, validé au niveau national », explique l’Institut national du cancer (INCa) (source 1).

Exemples de soins de support courants

Les soins listés ci-dessous doivent vous être proposés lors de votre parcours de soins :

  • « La prise en charge de la douleur, qu’elle soit la conséquence des traitements ou de la maladie elle-même, via deux techniques particulières d’analgésie ;
  • La prise en charge nutritionnelle ;
  • Un accompagnement psychologique ;
  • Un accompagnement social, familial et professionnel (suivi auprès d’un assistant de service social, aide à retour à l’emploi…) ;
  • L’aide à la pratique d’une activité physique adaptée, pendant ou après les traitements ;
  • Des conseils d’hygiène de vie (aide à l’arrêt du tabac, à la réduction de la consommation d’alcool, à l’arrêt de produits addictifs…) ;
  • Le soutien psychologique des proches et aidants des personnes atteintes de cancer ;
  • Le soutien à la mise en œuvre de la préservation de la fertilité ;
  • La prise en charge des troubles de la sexualité ;
  • La gestion des effets indésirables des traitements comme la fatigue, les troubles digestifs ou les problèmes de peau ;
  • L’aide à l’amélioration de l’image de soi ;
  • Les soins palliatifs ».

Quel est le protocole pour accéder aux soins de support ?

Les soins de support sont programmés par votre équipe médicale. Ils sont décrits dans votre programme personnalisé de soins (PPS).

En pratique, chaque établissement organise leur coordination en fonction de ses possibilités et de ses propres ressources humaines. Mais, en tout état de cause, une personne malade ne doit jamais hésiter à parler des difficultés rencontrées à l’équipe soignante qui se chargera de l’orienter, précise Clémence Delobelle, chargée de mission au service Actions pour les malades à la Ligue nationale contre le cancer.

Plusieurs outils ont été mis en place pour aider les professionnels de santé qui vous accompagnent à repérer et évaluer vos besoins, dont un autoquestionnaire, qui peut vous être remis à l’occasion d’une consultation. « En fonction de vos réponses à ce premier questionnaire, de nouvelles questions pourront vous être soumises afin de cerner au mieux vos besoins et de vous orienter de la manière la plus appropriée possible vers les professionnels capables de vous aider », rassure l’INCa.

Qui assure les soins de support ? Où les trouver dans ma région ?

Les soins de support sont assurés par des équipes multidisciplinaires exerçant dans les lieux de soins, et des professionnels exerçant en ville. Ils interviennent sur votre lieu de soins, en libéral ou au sein de structures dédiées.

Vous pouvez aussi demander la liste des soins de support proposés dans votre centre de soins. Vous pouvez retrouver les soins de support proposés dans votre région sur le site de votre réseau régional de cancérologie.

Grâce aux soins de support, la douleur du cancer du sein est mieux traitée

« Le cancer du sein est l’une des pathologies dans lesquelles la gestion de la douleur joue un rôle très important. En effet, les interventions comme la mastectomie mais aussi les chirurgies axillaires (curage ganglionnaire ou ganglion sentinelle) peuvent provoquer des douleurs aiguës ou chroniques », explique le Centre de lutte contre le cancer Léon Bérard (source 2).

Il existe aujourd’hui des solutions efficaces pour la soulager.

Lorsque les douleurs liées au curage axillaire persistent, en accord avec l’équipe médicale, j’oriente les patientes vers la consultation d’évaluation et de traitement de la douleur pour une prise en charge spécifique, témoigne Annick, infirmière à l’Institut Curie.

« Les propositions de traitement peuvent être médicamenteuses, non médicamenteuses tels que l’hypnose, l’auriculothérapie, l’accompagnement psychologique, la réflexologie plantaire, ou encore techniques, comme de la radiologie interventionnelle… Ces soins peuvent être réalisés sur place ou avec des partenaires extérieurs », note le centre Léon Bérard.

Groupes de parole ou relaxation, les solutions de la psycho-oncologie

« Les moments d’effondrement moral et de perte de confiance sont légitimes, et il y a des situations où les difficultés rencontrées nécessitent l’aide des psycho-oncologues », considère Annick. Notamment, quand il faut répondre à l’angoissante question « que dois-je dire à mes enfants ? ».

« Grâce à un groupe de parole destiné aux enfants, l’équipe de soins apporte un vrai bénéfice aux patientes », assure-t-elle.

Autre option proposée par le service de psycho-oncologie : la relaxation, efficace contre l’anxiété. Et quand des difficultés financières ou matérielles majorent l’angoisse, l’équipe médicale peut solliciter le service social de l’hôpital pour accompagner les démarches parfois compliquées (information sur les droits, maintien du statut social, aides possibles).

Des conseils pour se réapproprier son corps et sa confiance en soi

Amaigrissement ou prise de poids, perte de cheveux, de sourcils ou amputation… difficile d’accepter les transformations physiques liées aux traitements ou à la maladie. L’intervention d’une socio-esthéticienne permet d’aider les femmes à oser affronter le miroir.

Chimiothérapie, radiothérapie : un soutien face aux changements physiques

On parle perruque, bandeau. Certaines chimiothérapies abîment les ongles, je propose alors plusieurs petites choses comme un vernis au silicium. De même, certains cosmétiques peuvent diminuer les brûlures liées à la radiothérapie. Côté maquillage, je donne des conseils pour avoir bonne mine, précise Véronique Descle, socio-esthéticienne au Centre Alexis-Vautrin, à Nancy.

La balnéothérapies’inscrit également dans la continuité et la complémentarité de cette démarche.

Soins de support : que penser des médecines complémentaires ?

De nombreux patients ont recours à des médecines complémentaires, appelées aussi médecines douces, parallèles, alternatives ou non conventionnelles. On pense notamment à l’homéopathie, à la sophrologie, aux plantes, à l’acupuncture, aux massages, à l’ostéopathie…

« Elles peuvent leur apporter un soutien supplémentaire pour mieux supporter la maladie, les traitements et leurs effets indésirables tels que la fatigue, l’anxiété ou la douleur », indique l’INCa.

Toutefois, « ces médecines complémentaires peuvent avoir des effets indésirables ou interagir avec les traitements prescrits par le médecin qui vous suit pour votre cancer. Il est donc très important d’en parler avec lui, sans crainte d’être jugé ».

Les médecines complémentaires peuvent vous soulager, mais elles ne remplacent en aucun cas les traitements habituels du cancer.



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