Cancer du foie : cette hormone peut freiner la progression des tumeurs

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Des résultats encourageants. Une nouvelle étude, publiée le 15 août dernier dans la revue scientifique Cell Metabolism (source 1) indique que des cellules graisseuses peuvent empêcher le développement de tumeurs dans le cadre de cancers du foie. Les travaux ont été menés sur des souris, mais les chercheurs américains se montrent optimistes. 

Ils étudiaient les effets des changements moléculaires et cellulaires sur la stéatose hépatique non-alcoolique (aussi dite NASH, pour non-alcoholic steatohepatitis), une maladie chronique caractérisée par une accumulation de graisses dans le foie et responsables de cancers. 

Le cancer du foie chez les patients atteints de NASH est différent des cancers causés par l’hépatite virale, en ce sens qu’il se développe souvent en l’absence de cirrhose du foie, précise Jiandie Lin, auteur principal de l’étude.

Et d’ajouter : « Nous soupçonnons que différents mécanismes pathologiques peuvent être impliqués dans le cancer du foie lié à la NASH ». Pour mieux comprendre ces mécanismes, lui et son équipe ont donc réalisé un atlas des cellules hépatiques, et des relations intercellulaires, dans les foies de souris saines, et de souris atteintes de NASH. 

Des changements dans deux types de cellules immunitaires

Les chercheurs se sont particulièrement intéressés à la forme la plus courante de cancer du foie, le carcinome hépatocellulaire. Ils ont étudié les changements dans deux cellules immunitaires, qui semblent davantage impliquées dans le développement de cette pathologie.

  • Dans les foies de souris atteintes de NASH, les lymphocytes T présentaient des « déficiences fonctionnelles », or ces cellules immunitaires combattent normalement les cellules infectées ou endommagées, dont les cellules cancéreuses.
  • Et parallèlement, l’équipe a découvert qu’un deuxième type de cellules immunitaires, les « macrophages », avait des caractéristiques moléculaires généralement associées aux cancers.

Ces changements que nous avons observés dans les macrophages et les cellules T ressemblent au micro-environnement tumoral, mais ils se produisent avant même qu’un cancer ne devienne apparent, indique Jiandie Lin.

« Cela nous donne un indice sur le fait que ces changements dans le micro-environnement du foie pourraient fournir un terrain fertile à l’apparition et la croissance des cellules cancéreuses du foie« , poursuit-il. 

La neuréguline, une piste de traitement ?

Dans un second temps, les scientifiques ont cherché ce qui pourrait limiter les risques de NASH. Ils ont alors découvert qu’une hormone était impliquée dans la progression de la maladie, et pourrait être une option thérapeutique dans le cancer du foie : la neuréguline ou NRG4, sécrétée principalement par les cellules graisseuses, peut protéger le foie des souris contre la NASH.

« Une diminution ou une perte de cette hormone entraîne des niveaux plus graves de maladie du foie », estiment les auteurs de l’étude. Lorsque les scientifiques ont augmenté les niveaux de neuréguline chez les souris, ils ont bloqué la progression du carcinome hépatocellulaire lié à la NASH. « De nombreuses études sur le cancer du foie se concentrent sur les cellules hépatiques cancéreuses elles-mêmes : comment elles prolifèrent et comment elles échappent au système immunitaire », rappelle Jiandie Lin. 

Mais nos découvertes sortent de ce cadre centré sur le foie, montrant qu’une hormone dérivée des graisses pourrait en fait reprogrammer l’environnement du foie et avoir un impact très important sur le développement du cancer.



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